FABLE XXVIII
LE LION L'OURS ET LE RENARb.
U u lion quelques grands vassaux
Contre leur maître se liguèrent.
Et bien diciplinés en troupes ils marchèrent , jlexiaçant, ne parlant que de meurtres, d'assauts ,
"Voulant du Roi mettre l'antre au pillage 5 Xi'éclio ne xépétoit que le ugloI de carnage. Un rhumatisme affreux , triste fruit du courage Tenait danê son palais le monarque alité, Ne pouvant déployer sa valeur et sa rage,
En rugissant Sa Majesté
Mande un ours de son voisinage^ Bon sujet et rempli de zèle et de talens.
Vous voyez, lui dit-il, qu'en ces fâcheux momens
Je ne puis faire aucun usage De mes griffes hélas I non plus que de mes dents , Ces armes dont les coups Sont toujours triomphans*
Mais votre illustre renommée M'engage à vous créer le chef de mon armée; Et si vous obtenez quelque brillant succès ,
Bien secondé par mes sujets fidèles, Si vous exterminez ces' hordes de rebelles , Vous aurez la moitié de mes vastçs forêts*
ParteE , Vona reyiendrec , j'espère , en diligence Jouir de ce bienfait de ma Teconnoissance.
Ia'outs sent le prix d'un choix aussi flatteur.
Et comme il est peu discoureur ,
Répond en bref ce qu'il faut dire,
S'incline , accepte., et se retire»
Ce général parti, le renard en faveur, S'adressant au lion, de vos dons je soupire ; Sur de grands intérêts l'amitié doit instruire : L'ours de son souverain défendant le pouvoir
Ne fait, seigneur, que son devoir.
Quoi I vous voulez poiirlui démembrer votre empire f Moitié de vos états vous lui promettez , sire ! . . • Tais-toi, mon mal guéri l'ours n'aura jamais rien: Mais espérant beaucoup il me servira bien.