S) FABLE V
tE PAPILLON ET LA CHENILLE.
A QXTOi , vil insecte, es- tu bon , Disoît à la chenille , un très-beau papillon
Qui voltigeoit dans un parterre ?
Oses-tu te fixer dans un riant jardin , Y respirer le frais , y savourer le thim î
Je te trouve bien téméraire !
Es-tu donc faite, en bonne foi , Four approcher si près du lis et de la rose?
Cet honneur n'appartient qu'à moi...
Pourquoi t'enorgueillir de ta métamorphose, B.épliqua la chenille à l'esprit bien sensé ? Je te connois , et ris de ton humeur altière ; ^ Tu fus ce que je suis, et'tout le mois pass^
Tu te traînois sur la poussière ,
A mes côtés , auprès de ce rosier ; Si tu t'en souvenais , on pourroit l'oublier. L'un de ces jours aussi tu me verras dea ailes , J'irai me reposer sur les fleurs les pii^ belles : Mais, grâce à tes mépris , je songerai souvent. Quand je pourrai voler sur les roses nouvelles^
Qufi je rampais auparavant.