LE LIOIÎ ET LE LOUP
V^OUPEBE loup crioit en son langage, Hais de foute sa force : au voleur! au valeur !
Et faisoit m^a^ grand tapage ' Qu'un roi -lion, sorti de son palais sauvage. En demande la cause ; il craint quelque rumeur. Sire , lui dit ce loup , pendant la nuit dernière , Très-las d'avoir couru, le jour , bois et bruyère^ Je m'endormis profondément.
Sans avoir eu le soin ad^ravamt
De barricader ma tanière.
On m'a volé; jç soupçonne un confrère Aidé par un renard: on m'a pris des 'moutons ^ Génisse, agneaux, nombreux dindons* ~ Quoi! scélérat, c'est ton intempérance
Qixl cïévastoit tout ce canton f De nos chétif^ repas voici donc la raison f Mon empire annonçoit prochaine décadence s Excepté ce fripon , tous mes sujets et moi
EproHvon* quelque défaillance.
Tu ne chasseras plus qu'à côté de ton roi ;
Je jugerai de ta vailjance; Tu mérités ^à i^ort, te voilà dévoilé,
Mais*3an|^ remords, carton-air désolé S'adresse yu cher butiji pour toi seul immolé. Je suis hon et veux bien suspendre ma justice r Qui n'a rien, ne priend rien, ne peut être volé; Si Ton te ^ole encar , frémis de ton supplice.
FABLE LXXVL