LE SKAPENT ^T LES FOURMIS
Jl BisERVONS-ycus de l'esprit de vengeance , Dans tous les. temps il cause de grands maux» Au serpent de ma fable il 6te la prudence, A l'homme trop souvent il coûte le repos. .
Tout auprès d'une fourmilière.
Un serpent s'étoit endormi.
Petit insecte à la tête légère , Une jeune et leste fourmi , Sur lui troftgnt, courant, sans craindre sa colère^ Le chatouille, le pique , et le réveille enfin : L'animal furieux se relève soudain, p * •
Et jure par l.e^tyx de punir c^tte ofiènsé. * Il ne sait plus ramper : pressé parla vengeanco* Il siffle , il s'étend et s'élance S ur les fourmis qu'il méprisoit pourtant»
On ne pouvoit prévoir un pareil accident i Elles se demandoient la raison de sa rage.
D'abord la peur vint les saisir , Et leur causa quelque dommage :
Mais les sages criant : il faut vaincre ou périr^
On eut bientôt repris courage :
La république entière entoure le serpent , Sur son corps à l'assaut on monte bravtfinent| Le voilà donc couvert de la queue à la tête ,
Et ce nouvel Atlas sousle monde fourmi
Ne se défend plus qu'à demi.
Chaque Amazone alors se fait honneur et fête
P'emportçrle plus grand morceau
Où de sa chair ou de sa peau ; De celle-ci , dit-on, on fît même un d]:apeau
Pour conserver dans leur histoire
Le 80li?^enir de tant de gloire , Surtout pour «effrayer tout ennemi nouveau.
Cette bataille, en un mot, fut gagnée,
Et le fut si bel et si bi«n ,
Qu'avajitla fiirde la journée
Du mécnaiït il ne resta rien.