‹ Œuvres de Madame la Mise de la FerChapitre 82 sur 177 · FA3LE LXXXIX · texte numérisé non relu

FA3LE LXXXIX

LE VIEILI4A.RD fi? * LE JEUNE MILITAIRE!

i^^UR la porte <F^Qe chamnière , Un vieillard enlaçoit^es ioncs et des oaiers^ Et'façoBnoif^aîmenft cojrHe^lea et patiiers. Près de lui^ass^ un jeune «nilitaire :

Bon homme, lui dit-il, et que pouvess-vDus faire? Vous êtes sypcablé soift le fardeau dea ans , •.C'est le temps du repos : — lin est-il dans la viej Jadis avec bonneflt je servis la patrie, , Ensuite aVec plaisirj'ai cultivé lesK:liamps« Ma foiblesse a^ijpuiJS^ui me4)orne à cet ou^age, Il m'axçuse , mpnsieuir ; voilà mes seuls talens. Je vends to^ m^ p^i^ers aux lEUes dv* village Pour porter au marché leu^ fruits c^u lefUr laitage , ^t je v^dâ^ifa cprbeill* un bon prik bxlk ajkianss On ne marchande point au temps 4u mariage, ïlt c'est-ià (}4b^ étale eV-Jbbuquetff et présens ,

Quand on veut entrer, en ménage.

Moyennant mon tr^yail, je ne manque de rien ,

De pain , s*entend, car c'«9t-là tout mon bien. ^ Mais qui frrend soin de vous si vous êtes malade? *— Les villageois , un camarade De quelques ans moins vieux que moi 9 Se sont chargés de ce touchant emploi.

Je ne puis les payer que de recohnoissance, De vœux qui sur leurs champs appellent Tabondance» Le jeune homme reprit: C'est un sort bien afireux, Étant privé de tout; de languir sur la terre !

.( ïoi )

Vn 1}on coup de canon est , parbleu, moins fâcheux. — Cessez, brave guerrier, de plaindre ma mis^rev

Qui des oiseaux eptend les airs joyeux , Qui sent encor son cœur* et conserve ses yeujc , Admire ce beau ciel , le bénit et l'espère ,

N'est point un vieillard malheureux.

FABLÇ'XC

LES TROUPEAUr BT LE BERGER.

EBs le soir un pasteprrassenq}»^ ses iroi^eaax "SX les conduisit dans la plaine.

Xies bœufs se lamentoient sur leurs npmbrolix t^wvaux Sur la fatigue , sur les maux Que leur causoit l'engeance humaine ; La bonne vache à son tour gémissoit • Sur un enfant qu'un cruel raviBSOtt.

Ht des chevaux , frappant dû pied la terre y . Contre leur maître murmuroient •

I)u long chemin qu'ils parcourolcnt :

Tant de pas, disoient-ils , pourqut)! ? pour satisfais

Un caprice , un léger désir I Sncore si c'étoit pour quelque grande afTaire ! •

Mais pour se promener , amu^r son loisir ,^ ^s

Crever les gens , le beau plaisir ? '

Point de grain , la verdute est tout notre salairie. Enfin les brebis SVpla ignorent Des élégans dîners du maître , Qui chaque jour leurs petits enlevoient Quand à peine ils venoient de naître ; Xau8 de l'homme envloleat le sort»

0/nes enfans! von» ayez fort, Dit le berger: sachez mieux vous connoilr*.

Comme parens ou comme amis ,

Les animaux <fe votre espèce

Par voàs ^ont toujours accueillis ; Partageant avee eux abondance pu détresse , Êhsêmbleyous pensez, vous causez franchement.

Et vivez amicalement.

Pourle cours d*un ruisseau , jiour .un moroeau de terre, • Vous n'avez ni procè?s ni guerre.

Notr^ spri est bien différent !

Ah ! plus que vous encor nous sommes misérables f Car vos plus doux plaisirs viennent de vos semblables, Et c'est de nos pareils que vient notre tounnent.

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