‹ Œuvres de Malebranche: collationnée sur les meilleurs textes et précédé d'une introductionChapitre 132 sur 241 · LIVRE DEUXIEME. t5S · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME. t5S

neumexistit ; et hœc disposiSo cum in vno homme reperitur^ dignus est esse divinus magis quam humanus. En d'autres endroits il lui donne des louanges bien plus pompeuses elbien plus magnifiques, comme { de geneimtione animalium : Laudemus Deum qui separavit hune virum ab alis inperfectione, appropriavitque ei ultimam dignitatem humanamy quam non omnis homo potest in quacumque œtate attingere. Le même dit aussi, /. i, destruct. disp, 3 : Arisiotelis dcctrina est summa yeritas, quoniam ejus intellectus fuit finis humant infellectus ; qucwe bene dicitur de illo, quod ipse fuit creatus, et datus nobis divina providentia, ut non ignoremus possibilia sciri.

En vérité, ne faut- il pas être fou pour parler ainsi ; et ne faut-il pas que Tentêtement de cet auteur soit dégénéré en extravagance et en folie ? La doctrine d'Aristote est la souveraine vérité. Personne ne peut avoir de science qui égale, ni même qui approche de la sienne. C'est lui qui nous est donné de Dieu pour apprendre tout ce qui peut être connu. C'est lui qui rend tous les hommes sages ; et ils sont d'autant plus savants qu'ils entrent mieux dans sa pensée, comme il le dit en un autre endroit. • A yns totales fuit princeps , per quem perficiuntur omnes sapientes qui fuerunt post eum : licet différant inter se intelligendo verba ejus, et in eo quod sequitur ex eis. Cependant les ouvrages de ce commentateur se sont répandus dans toute l'Europe et même en d'autres pays plus éloignés. Ils ont été traduits d'arabe en hé-, breu et d'hébreu en latin, et peut-être encore en bien d'autres langues, ce qui montre assez l'estime que les savants en ont faite ; de sorte qu'on n'a pu donner d'exemple plus sensible que celui de la préoccupation des personnes d'étude. Car il fait assez voir*que nonseulement ils s'entêtent souvent de quelque auteur, mais aussi que leur entêtement se communique à d'autres à proportion de l'estime qu'ils. ont dans le

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monde; et qu'ainsi les fausses louanges que les commentateurs lui donnent sont souvent cause que des personnes peu éclairées, qui s'adonnent à la lecture, se préoccupent et tombent dans une infinité d'erreurs. Voici un autre exemple.

Un illustre entre les savants, qui a fondé des chaires de géométrie etd'astronomie dans Tuniversilé d'Oxford, commence un livre qu'il s'est avisé de faire sur les huit premières propositions d'EucIidepar ces paroles: Consilium meum, auditores, si vires et valetudo suffecerinty exfdîcare definitiones, petitiones, communes sententias et octo priores propositiones primi libri Elementorum, cœtera post me venientibus relinquere; et il le finit par celles-ci : Exsolvi per Dei gratiam, domini auditores, promissuniy liberavi fidem meam, explicavi pro modub iiieo di'fnitionfs^ petitiones, communes sententias et octo priores propositiones Elementorum Euchdis. « Htc annis fessus cyclos artemque repono, » Succèdent in hoc munus 'olii fortasse magis vegeto corpore, vivido ingenio, etc. Il ne faut pas une heure à un esprit médiocre^ pour apprendre par lui-môme, ou par le secours du plus petit géomètre qu'il y ait, les définitions, les demandes, les axiomes et les huit premières propositions 'd'Euclide : à peine ont-elles besoin de quelque explication ; et cependant voici un auteur qui parle de cette ^entreprise, comme si elle était fort grande et fort difficile. Il a peur que les forces lui manquent, si vires et valetudo suffecerint,,. Il laisse à ses successeurs à pousser ces choses, cœtera post me venientibus reUnguère... Il remercie Dieu de ce que, par une grâce particulière, il a exécuté ce qu'il avait promis : Exsobft per Dei gratiam promissum, liberavi fidem meam, expU- 4iavi pro modulo meo *, quoi ? la quadrature du cercle?

^ Prœlcctiones 13, in principium Elemontorum Euclidis.

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