‹ Œuvres de Malebranche: collationnée sur les meilleurs textes et précédé d'une introductionChapitre 159 sur 241 · LIVRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME

vent toujours paraître en tout ce qu'on écrit, puisqu'on ne doit écrire que pour faire connaître la vérité, il n'est pas possible d'excuser cet auteur, qui, au rapport même de Saumaise, le plus grand critique de nos jours, a fait tous ses efforts pour se rendre obscur, et qui a si bien réussi dans son dessein, que ce commentateur était prêt de jurer qu'il n'y avait personne qui l'entendît parfaitement *. Mais quand le génie de la nation, la fantaisie de la mode qui régnait en ce temps-là, et enûn la nature de la satire ou de la raillerie, seraient capables de justifier en quelque manière ce beau dessein de se rendre obscur et incompréhensible, tout cela ne pourrait excuser les méchantes raisons et l'égarement d'un auteur qui, dans plusieurs autres de ses ouvrages aussi bien que dans celui-ci, dit tout ce qui lui vient dans l'esprit, pourvu que ce soit quelque pensée extraordinaire et qu'il ait quelque expression hardie par laquelle il espère faire parade de la force ou, pour mieux dire, du dérèglement de son imagination.

i Multos etiam vidi postquam bene sBtuassent ut eum assequel'entur, nihîl prœter sudorem et inanem animi fatigationem lucratos, ab ejus lectione discessisse. Sic qui scotinus haberi, viderique dignus qui hoc cognomentum haberet, voluit, adeo quod voluit à semetipsu impetravit, et efficere id quod optabat valuit, ut liquide jurare ausim neminem ad hoc tempus extitisse, qui possit jurare hune libelium acapitead calcem usque totum a se non minus bene intellectum quam îectum. Saim, in epist, ded. Comm. in Tert.

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