III
4 46 REGHEUCnB DE LA VÉRITÉ.
lesles sont autant de divinités, comme Aristote leur maître Ta cru.
La beauté de l'univers ne consiste pas dans l'incorruplibilité de ses parties, mais dans la variété qui s'y trouve ; et ce grand ouvrage du monde ne serait pas si admirable sans cette vicissitude de choses que l'on y remarque. Une matière infiniment étendue, sans mouvement, et par conséquent sans forme et sans corruption, ferait bien connaître la puissance infinie de son auteur, mais elle ne donnerait aucune idée de sa sagesse. C'est pour cela que toutes les choses corporelles sont corruptibles, et qu'il n'y a point de corps auquel il n'arrive quelque changement qui l'altère et le corrompe avec le temps. Les pierres et le verre même servent de nourriture à quelques insectes *. Ces corps, quoique fort durs et fort secs, ne laissent pas de se corrompre avec le temps. L'air et le soleil, auxquels ils sont exposés, changent quelques-unes de leurs parties, et il se « trouve des vers qui s'en nourrissent, comme l'expérience le fait voir
Il n'y a point d'autre différence entre ces corps fort durs et fort secs et les autres, si ce n'est qu'ils sont composés de parties fort grosses et fort solfdesy et par conséquent moins capables d'être agitées, et séparées les unes des autres par le mouvement de celles qui viennent heurter contre elles, ce qui fait qu'on les regarde comme incorruptibles. Néanmoins, ils ne sont point tels de leur nature, comme le temps, l'expérience et la raison le font assez connaître.
Mais pour les cieux, ils sont composés de la matière la plus fluide et la plus subtile, et principalement le soleil; et tant s'en faut qu'il soit sans chaleur et incorruptible, comme disent les sectateurs d'Aristote, qu'au
» Journal des Savants du août 1666.