‹ Œuvres de Malebranche: collationnée sur les meilleurs textes et précédé d'une introductionChapitre 96 sur 241 · III. 1G · texte numérisé non relu

III. 1G

18S RECHERCUE DE LÀ VÉUIT&.

animaux, il est nécessaire qu'il y ait de certaines liaisons des traces qui se puissent former et détruire facilement; qu'il y en ait d'autres enfin qui ne se puissent rompre que difficilement, et d'autres enfin qui ne se puissent jamais rompre.

Il est très-utile de rechercher avec soin les différents effets que ces différentes liaisons sont capables de produire; car ces effets sont en très-grand nombre et de très- grande conséquence pour la connaissance de l'homme.

m. Pour l'explication de la mémoire, il suffit de bien comprendre celle vérité : que toutes nos différentes perceptions sont attachées aux changements qui arrivent aux fibres de la partie principale du cerveau dans laquelle l'âme réside plus particulièrement, parce que, ce seul principe supposé, la nature de la mémoire est expliquée. Car de même que les branches d'un arbre, qui ont demeuré quelque temps ployées d'une certaine façon, conservent quelque facilité pour être ployées de nouveau de la même manière^ ainsi les fibres du cerveau, ayant une fois reçu certaines impressions par le cours des esprits animaux et par l'action des objets, gardent assez longtemps quelque facilité pour recevoir ces mêmes dispositions. Or la mémoire ne consiste que dans cette facilité, puisque Ton pense aux mêmes choses lorsque le cerveau reçoit les mêmes impressions.

Gomme les esprits animaux agissent tantôt plus et tantôt moins fort sur la substance du cerveau, et que les objets sensibles font des impressions bien plus grandes que Timagination toute seule, il est facile de là de reconnaître pourquoi on ne se souvient pas également de toutes les choses que l'on a aperçues; pourquoi, par exemple, ce que l'on a aperçu plusieurs fois se représente d'ordinaire à Tâmc plus nettement

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