In Joan., tract. 23. — 2. Liv. 1, ch. l
25 i .LIVRE TIlOISltME.
(joit faire poino à porî^oiiiio '. Voici coinmo parle saint Augustin - : Ah illa iiicununulahilifi Jure rer//a//.s, eliam inipiuft^ (lum ah ea avertitur, quudammodo iamjilur : h hic est quod eliam impii coyi— tant œteniitaiein , et multa recle reprehendunt recteque îaudant in hominuia morihus. (Jut'hus ca tandem regulisjudicant, nisi inquihus vident, quewadmoduin quisque vivere dehcat, etiam sinec ipai codera modo vivant ? Ubi auteni eas vident? Neque enim in sua naiura. Nam cum procul duhio mente ista videantur, eorumque mentes constet esse mutabiles, has vero régulas immutabiles videat
quisquis in eis et hoc vider e potuerit ubinam ergo sunt istœ
regulœ scriptœ, nisi in lihro lucis illius quœ veritas dicitur, unde
lex oninis jusia describitar in qua videt quid operandum sit
etiam qui operatur i}ijustitiatn; et ipse est qui abillaîuce averlitur, a qua tamen tangitur ?
11 y a dans saint Augustin une inQnité de passages semblables à celui-ci, par lesquels il prouve que nous voyons Dieu dès cette vie par la connaissance que nous avons des vérités éternelles. La vérittî est incréée, immuable, immense, éternelle, au-dessus de toutes choses. Elle est vraie par elle-même; elle ne tient sa perfection d'aucune chose; elle rend les créatures plus parfaites, et tous les esprits cherchent naturellement à la connaître. Il n'y a rien qui puisse avoir toutes ces perfections que Dieu. Donc la vérité est Dieu. Nous voyons de ces vérités immuables et éternelles. Donc nous voyons Dieu. Ce sont là les raisons de saint Augustin, les nôtres en sont peu différentes , et nous ne voulons point nous servir injustement de l'autorité d'un si grand homme pour appuyer notre sentiment.
Nous pensons donc que les vérités, même celles qui sont éternelles, comme que deux fois deux font quatre, ne sont pas seulement des êtres absolus,- tant s'en faut que nous croyions qu'elles soient Dieu même. Car il est visible que cette vérité ne consiste que dans un rapport d'égalité qui est entre deux fois deux et quatre. Ainsi nous ne disons pas que nous voyons Dieu en voyant les vérités, comme le dit saint Augustin, mais en voyant les idées de ces vérités; car les idées sont réelles; mais l'égalité entre les idées, qui est la vérité, n'est rien de réel. Quand, par exemple, on dit que le drap que l'on mesure a trois aunes, le drap et les aunes sont rév\>. Mais l'égalité entre trois aunes et le drap n'est point un être réel, ce n'est qu'un rapport qui se trouve entre les trois aunes et le dnij).
1. Yoy. la préface des Enfr. sur la Met. et la Rrp. aux vraies et /aussex iiU'es, ch. 7 et 21.