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5û2 LIVRE SJXIJ'MK.
I aimant asï^emblo la limure de fer et la sépare de celle de Targenl, paire qu'il est ciiaïul ; qu'un pigeon mange le chénevis et laisse l'autre grain parce ipi'un pigeon est chaud ; qu'un avare sépare ses louis d'or d'avec son argent parce qu'il est chaud. Enfin il n'y a point d'extravagance où cette définition n'engageât, si l'on était assez stupide pour la suivre. Cette définition n'explique donc point la nature de la chaleur, et l'on ne peut s'en servir pour eu déduire toutes les propriétés, puisc^ue si l'on s'arrête précisément à ses termes on conclut des impertinences, et que si on la met à la place du défini on tombe dans le galimatias,
Cependant si on a soin de distinguer la chaleur de ce qui la cause, quoique l'on ne puisse pas la définir, puisqu'elle est une modification de l'Ame dont on n'a point d'idée claire, on peut en définir la cause, puisqu'on a une idée distincte du mouvement. Mais il faut prendre garde que la chaleur prise pour un tel mouvement ne cause pas toujours le sentiment de chaleur en nous. Car l'eau, par exemple, est chaude, puisque ses parties sont fluides et en mouvement , qu'apparemment les poissons la trouvent chaude, et qu'elle est au moins plus chaude que la glace, dont les parties sont plus en repos; mais elle est froide par rapport à notis , parce (|u'elle a moins de mouvement que les parties de notre corps: ce qui a moins de mouvement qu'un autre étant en quelque manière en repos à son égard. Ainsi ce n'est point par rapport au mouvement des fibres de notre corps qu'il faut définir la cause de la ciialeur ou le mouvement qui l'excite ; il faut, si on le peut, définir ce mouvement absolument et en lui-même , et alors les définitions iju'on en donnera pourront servira faire connaître la nature et les propriétés de la chaleur.
Je ne me crois pas obligé d'examiner davantage la philosophie d'Aristote, ni de démêler les erreurs extrêmement confuses et embarrassées de cet auteur. J'ai , ce me semble, fait voir qu'il ne prouve point ses quatre éléments, et qu'il les définit mal; que ses qualités élémentaires ne sont pas telles qu'il le prétend, qu'il n'en •connaît point la nature , et que toutes les qualités secondes n'en sont point composées ; et enfin , qu'encore qu'on lui accordât que tous les corps fussent composés des quatre éléments , comme les qualités secondes, des premiers, tout son système serait inutile à la recherche de la vérité, puisque ses idées ne sont pas assez claires pour conserver toujours l'évidence dans nos raisonnements.
Si on ne croit pas (juc j'aie exposé les véritables opinions d'Aristole, on peut s'en élaircir dans les livres (ju'il a faits Du ciel et Df Ut i/c)icration el corrupliun: cai" c'est de là que j'ai pris pri^sciwc
tout ce que j'en ai dit. Je n'ai rien voulu rapporter de ses hiiit livres de physique, parce que ce n'est proprement qu'une espèce de logique, et que l'on n'y trouve que des raots vagues et indéterminés par lesquels il apprend comment on peut parler de la physique sans y rien comprendre.
Comme Aristote se contredit souvent et qu'on peut appuyer presr que toutes sortes de sentiments par quelques passages tirés de lui, je ne doute point que l'on ne puisse prouver par Aristote même quelques sentiments contraires à ceux que je lui ai attribués; mais je n'en suis pas garant., Il suffit que j'aie les livres que je viens de citer pour preuve de ce que j'ai dit; et même je ne me mets guère en peine de discuter si ces livres sont ou ne sont pas d'Aristole, s'ils sont ou ne sont pas corrompus. Je prends Aristote tel qu'il est et qu'on le reçoit ordinairement, car on ne doit pas se metlre fort en peine de savoir la généalogie véritable des choses dont on n'a pas grande estime; outre que c'est un fait qu'il est impossible de bien éclaircir, comme on le peut voir par les Discussions péripatétiques de Patritius.