‹ OEuvres de Malebranche (volume 5)Chapitre 97 sur 170 · Serm. «, tic vcrbis Domini. — 2. Exoilc · texte numérisé non relu

Serm. «, tic vcrbis Domini. — 2. Exoilc

DE L'ESPRIT riR. — U' PAUTJE. 25$

le chapitre précédent. De sorte que, n'étant point actuellement infini ni capable de modifications iniinies dans le même temps, il est absolument impossible qu'il voie dans lui-même ce qui n'y est pas. Il ne voit donc pas l'essence des choses en considérant ses propres perfections ou en se modifiant diversement.

Il ne voit pas aussi leur existence dans lui-même, parce qu'elles ne dépendent point de sa volonté pour exister, et que les idées de ces choses peuvent être présentes à l'esprit quoiqu'elles n'existent pas; car tout le monde peut avoir l'idée d'une montagne d'or ^ns qirii y ait une montagne d'or dans la naturp ; et quoique l'on s'appuie sur les rapports de ses sens pour juger de l'existence des objets, néanmoins la raison ne nous assure point que nous devions toujours en croire nos sens , puisque nous découvrons clairement qu'ils nous trompent. Quand un homme , par exemple , a le sang fort échauffé, ou simplement quand il dort, il voit quelquefois devant sps yeux des campagnes , des combats et choses semblables qui toutefois ne sont point présents et qui ne furent peut-être jamais. Il est donc indubitable que ce n'est pas en soi-même ni par soi-même que l'esprit voit l'existence des choses , mais au'il dépend en cela de quelque autre chose.

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