‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 1003 sur 1238 · ERGASTE, FRONTIN, ARLEQUIN · texte numérisé non relu

ERGASTE, FRONTIN, ARLEQUIN

ERGASTB.

Tiens, mon ami; cours porter cette lettre à la dame qui t'envoie.

ARLEQUIN

J'aimerais mieux être le postillon du diable. Qu'il vous emporte tous deux, vous et ce coquin, qui est la copie d'un fripon; ce maraud, qui n'a ni argent, ni crédit, ni le mot pour rire; un sorcier qui souffle les filles; un escroc qui veut m'enprunter du vin ; un gredin qui dit que je ne suis pas dans le monde, et que mon pays n'est qu'un faubourg. Cet insolent! un faubourgi va, va, je t'apprendrai à connaître les villes. [U son.)

ERGASTE, ù Frontia,

Qu'est-ce que cela signifie?

FRONTIN

C'est une bagatelle, une affaire de jalousie. C'est que nous nous trouvons rivaux, et il en sent la conséquence.

ERGASTE

' De quoi aussi t'avises-tu de parler de Lisette?

FRONTIN

Mais, monsieur, vous avez vu des amants; devineriez- vous que cet homme-là en est un? 'Dites, en conscience.

Va donc toi-même chercher cette dame, et lui remets mon billet le plus tôt que tu pourras.

^^ FBONTIN.

Aioyez tranquille ; je vous rendrai bon compte de tout ceci par le moyen de Lisette*

ERGASTE

Hâte-toi, car je souffre. {Frontin son.)

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