LES FAUSSES CONFIDENCES, ACTE H, SCÈNE VI
MÀRTHON, comme chagrine.
Eh! monsieur, faut-il tant de bien pour être heureux? Madame^ qui a tant de bonté pour moi, suppléera en partie, par sa générosité, à ce qu'il me sacrifle. Que je vous ai d'obligation. Dorante !
DORANTE
Oh ! non, mademoiselle, aucune : vous n'avez point de gré à me savoir de ce que je fais; je me livre à mes sentiments, et ne regarde que moi là dedans; vous ne me devez rien, je ne pense pas à votre reconnaissance.
Vous me charmez : que de délicatesse ! Il n*y a encore rien de si tendre que ce que vous me dites.
U. RBMI.
Par ma foi, je ne m'y connais donc guère, car je le trouve bien plat. (A Marthon.) Adieu, la belle enfant : je ne vous aurais, ma foi, pas évaluée ce qu'il vous achète. Serviteur, idiot; garde ta tendresse, et moi ma succession.
(Il «or/.J
MARTHON.
Il est en colère; mais nous l'apaiserons.
DORANTE
Je l'espère. Quelqu'un vient.
MARTHON.
C'est le comte, celui dont je vous ai parlé, et qui doit épouser madame.
DORANTB.
Je VOUS laisse donc; il pourrait me parler de son procès; vous savez ce que je vous ai dit là-dessus^ et il est inutile que je le voie.