‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 1090 sur 1238 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

MARTHON, LE GARÇON.

MARTHON.

Vous avez mal fait de parler de ce portrait devant lui. Je sais qui vous cherchez ; c'est le neveu de monsieur Rémi, de chez qui vous venez.

LE GARÇON

Je le crois aussi, mademoiselle.

MARTHON.

Un grand homme, qui s'appelle monsieur Dorante.

LE GARÇON

Il me semble que c'est son nom.

MARTHON.

11 me Ta dit; je suis dans sa conûdeuce. Avezvous remarqué le portrait?

LB GARÇON

Non; je n'ai pas pris garde à qui il ressemble.

MARTHON.

Eh bien ! c'est de moi qu'il s'agit. Monsieur Dorante n'est pas ici, et ne reviendra pas sitôt. Vous n'avez qu'à me remettre la boite; vous le pouvez en toute sûreté; vous lui ferez même plaisir. Vous voyez que je suis au fait.

LE GARÇON

C'est ce qui me parait. La voilà, mademoiselle. Ayez donc, je vous prie , le soin de la lui rendre quand il sera venu.

MARTHON.

Oh! je n'y manquerai pas.

LE GARÇON

Il y a encore une bagatelle qu'il doit dessus; mais je tâcherai de repasser tantôt, et s'il n'y était pas, vous auriez la bonté d'achever de payer.

MARTHON.

Sans difficulté. Allez, (a part.) Voici Dorante, {au garçon. ) Retirez-vous vite.

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