‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 1121 sur 1238 · LES FAUSSES CONFIDENCES, ACTE III, SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

LES FAUSSES CONFIDENCES, ACTE III, SCÈNE XIII

MADAME ARGANTE

Quoi donc ! que sigaiûe ce discours?

LE COMTE

Je TOUS entends, madame; et, sans l'avoir dit à madame, je songeais à me retirer: j'ai deviné tout. Dorante n'est venu chez vous qu'à cause qu'il vous aimait : il vous a plu; vous voulez lui faire sa fortune : voilà tout ce que vous allez dire.

ABAMINTE.

Je n'ai rien à ajouter.

MADAME AEGAIfTE, Outrée.

La fortune à cet homme-là!

LE COMTE, iriitement.

Il n'y a plus que notre, discussion, que nous réglerons à l'amiable, j'ai dit que je ne plaiderais point, et je tiendrai parole.

ABAMIIITE.

Vous êtes bien généreux : envoyez-moi quelqu'un qui en décide, et ce sera assez.

MADAME ARGANTE

Ah! la belle chute! ah! ce maudit intendant! Qu'il soit votre mari tant qu'il vous plaira; mais i^ ne sera jamais mon gendre.

ABAMINTE.

Laissons passer sa colère, et finissons.

(Ils sorient.

DUBOIS

Ouf! ma gloire m'accable : je mériterais bien d'appeler cette femme-là ma bru.

LUBIN

Pardi ! nous nous soucions bien de ton tableau à présent ! l'original nous en fournira bien d'autres copies.

Fin des fausses confidences.

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