‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 1123 sur 1238 · DAMON, PASQUIN · texte numérisé non relu

DAMON, PASQUIN

[Damon paraît tritte,)

PASQUIN, tuivant ton maures et d'un ton douloureuxt un moment après qii*ih tont tur le théâtre.

Fasse le ciel, monsieur, que votre chagrin vous profite, et vous apprenne à mener une vie plus raisonnable I

DAMON

Tais-toi, laisse-moi seul.

PASQUIN

Non, monsieur; il faut que je vous parle; cela est de conséquence.

DAMON

De quoi s*agit-il donc?

PASQUIN

Il y a quinze jours que vous êtes à Paris...

DAUON.

Abrège.

PASQUIN

Patience. Monsieur votre père vous a envoyé pour acheter une charge : l'argent de cette charge était entier entre les mains de votre banquier, de qui vous avez déjà reçu la moitié, que vous avez jouée et perdue ; ce qui fait, par conséquent, que vous ne pouvez plus avoir que la moitié de votre charge ; et voilà ce qui est terrible.

DAMON

Est-ce là tout ce que tu as à me dire ?

PASQUIN

Doucement, monsieur; c'est qu'actuellement j'ai une charge aussi, moi, laquelle est de veiller sur votre conduite et de vous donner mes conseils. Pasquin, me dit monsieur votre père la veille de notre départ, je connais ton zèle, ton jugement et ta prudence ; ne quitte jamais mon fils, sers-lui de guide, gouverne ses actions et sa tète; regardele comme un dépôt que jeté confie. Je le lui pro-

mis bien, je lui en donnai ma parole : je me fondais sur votre docilité, et je me suis trompé. Votre conduite, vous la voyez, elle est détestable; mes conseils, vous les avez méprisés ; vos fonds sont entamés, la moitié de votre argent est partie ; et voilà mon dépôt dans le plus déplorable état du monde. Il faut pourtant que j'en rende compte ; et c'est ce qui fait ma douleur.

DAMON

Tu conviendras qu'il y a plus de malheur dans tout ceci que de ma faute. En arrivant à Paris, je me mets dans cet hôtel garni ; j'y vois un jardin qui est commun à une autre maison; je m'y promène; j'y rencontre le chevalier, avec qui, par hasard, je lie conversation ; il loge au même hôtel; nous mangeons à la même table. Je vois que tout le monde joue après dtner ; il me propose d'en faire autant; je joue, je gagne d'abord ; je continue par compagnie, et insensiblement je perds beaucoup, sans aucune inclination pour le jeu. Voilà d'où cela vient; mais ne t'inquiète point; je ne veux plus jouer qu'une fois pour regagner mon argent; et j'ai un pressentiment que je serai heureux.

PASQUIN

Ah! monsieur, quel pressentiment! Soyez sûr que c'est le diable qui vous parle à l'oreille.

DAMON

Non, Pasquin; on ne perd pas toujours; je veux me remettre en état d'acheter la charge en question, afin que mon père ne sache rien de ce qui s'est passé. Au surplus, c'est dans ce jardin que j'ai connu l'aimable Constance; c'est ici où je la vois quelquefois, où je crois m'apercevoir qu'elle ne me hait pas; et ce bonheur est bien au-dessus de toutes mes pertes.

PASQUIN

Oh ! quant à votre amour pour elle, j'y consens, j'y donne mon approbation. Je vous dirai même que le plaisir de voir Lisette qui la suit a extrè-

Mb.

I il,

LA MHS. mPKl^Ul.

OROON.

Il cwt j«uie, il (. fait ane faute, û ny a nen d'étonnuil , et je la lui pardonne .

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