SCÈNE XVII
PASQUIN, M. ORGON , en domino pareil à celui que, ' iuivant l'insiruelion de Pasquin, doit porter leehevaUer,
H. ORGON, un moment démaiqué, en entrant.
Voici Pasquin. Au domino que je porle, il me prendra pour le chevalier.
PASQUIN
Ah 1 vraiment, celui-ci n*avait garde demanqucr.
M. ORGON, contrefaisant ta voix.
Où est ton mattre?
PASQUIN
Je n*en sais rien ; et en quelque endroit qu'il soit, il ferait mieux de s'y tenir, il y serait mieux qu'avec vous; mais il ne tardera pas : attendez.
M. ORGON
Tu es bien brusque.
PASQUIN
Vous êtes bien alerte, vous.
M. ORGON
Ne sais-tu pas que je dois jouer avec ton mattre?
PASQUIN
Ah 1 jouer. Cela vous plattà dire; ce sera lui qui jouera ; tout le hasard sera de son côlé, toute la fortune du vôtre : vous ne jouez pas, vous ; vous gagnez.
M. ORGON
C'est que je suis plus heureux que lui.
PASQUIN
Boni du bonheur l ce n'est pas là votre fort; vous êtes trop sage pour en avoir aiïaire.
^e crois que tu m'insultes.
PASQUIN
Point du tout, je vous devine.
M. ORGON, êe démaiquant.
Tiens, me devinais-tu ?
PASQum, étonné, Quoil monsieur, c'est vous? Ahl je commence à vous deviner mieux.
M. ORGON
Où est mon fils?
PASQUIN
Apparemment qu'il est dans la salle.
M. ORGON
Paixl je pense que le voilà.
PASQUIN
Ne restez pas ici avec lui, de peur que le chevalier, qui va sans doute arriver, ne vous trouve ensemble.