LES SINCÈRES, SCÈNE IV
ERGASTIS.
Moi, madame?
ARAHINTE.
Vous même; il est certain que yous m*aîmiez avant de venir ici.
ERGASTB.
Vous m'excuserez, madame.
ARAMINTE
J*avoue que vous ne me l'avez pas dit; mais vous avez eu des empressements pour moi ; ils étaient même fort vifs.
ERGASTE
Cela est vrai.
ARAMINTE
Et si je ne vous avais pas amené chez la marquise, vous m'aimeriez acluellemeut.
ERGASTB.
Je crois que la chose était immanquable.
ARAMINTE
Je ne vous blâme point; je n'ai rien à disputer à la marquise, elle l'emporte sur moi.
Je ne dis pas cela; votre figure ne le cède pas à la sienne.
ARAMINTE
Lui trouvez-vous plus d'esprit qu'à moi?
ERGASTB.
Non; vous en avez pour le moins autant qu'elle.
ARAMINTR.
En quoi me la préférez-vous donc? ne m'en faites point mystère.
ERGASTR.
C'est que, si elle vient à m'aimer, je m'en fierai plus à ce qu'elle me dira qu'à ce que vous m'auriez dit.
ARAMINTE
Comment! me croyez-vous fausse?
ERGASTB.
Non ; mais vous êtes si gracieuse, si polie!
ARAMINTE
Eh bien! est- ce un défaut?
ERGASTE
Oui; car voire douceur naturelle et votre politesse m'auraient trompé; elles ressemblent à de l'inclination.
Je n'ai pas celte politesse et cet air de douceur avec tout le monde : mais il n'est plus question du passé ; voici la marquise ; ma présence vous gênerait, et je vous laisse.
ERGASTE, à pari.
Je suis content de tout ce qu'elle m*a dit; elle m'a parlé assez uniment.