LES SINCÈRES, SCÈNE XIV
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Yoas êtes arrivé, monsieur ; que vous avez demandé à Dorante de quoi il se plaignait, et que, ]*ayant su, vous avez extrêmement loué son avis, je dis ravis deFrontin; que vousy avez applaudi, et déclaré que Dorante était un flatteur ou n*y voyait goutte. Voilà ce que cet effronté publie, et j*ai crn qu'il était à propos de vous informer d*un discours qui ne convient ni à vous ni à madame.
LA MABQUISE, riaut.
Le rapport de Frontin est-il exact, monsieur?
BRGÂSTB.
C'est un sot, il en dit beaucoup trop : il est faux que je Taie applaudi ou loué; mais comme il ne s'agissait que de la beauté, qu'on ne saurait contester à Araminte, je me suis contenté de dire froidement que je ne voyais pas qu'il eût tort.
LA MARQUISE, d'un air critique et sérienx.
Il est vrai que ce n'est pas là applaudir; ce n'est que confirmer, qu'appuyer la chose.
ERGASTB.
Sans doute.
LA MARQUISE
Toujours devant Araminte ?
ERGASTB.
Oui; et j'ai même ajouté, par une estime particulière pour vous, que vous seriez de mon avis vous-même.
LA MARQUISE
Ah 1 vous m'excuserez ; voilà où l'oracle s'est trop avancé. Je ne justifierai point votre estime : j'en suis fâchée ; mais je connais Araminte, et je n'irai point confirmer aussi une décision qui lui tournerait la tête, car elle est si sotte I Je gage qu'elle vous aura cru, et il n'y aurait plus moyen de vivre avec elle. Laissez-nous, Lisette.