‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 1231 sur 1238 · UN HOMME · texte numérisé non relu

UN HOMME

Et ce ne sera pas la seule coiffure que nous tiendrons de vous.

MADAME SORBIN

Ah I la belle pointe d'esprit ; mais finalement, il n'y arien à rabattre, sinon lisez notre édit, votre congé est au bas de la page.

UERMOCRATB.

Seigneur Timagène, donnez vos ordres et délivrez-nous de ces criailleries.

TIMAGÈNE

Monsieur, je n'ai plus qu'un mot à dire, profitez-en ; il n'y a point de nation qui ne se plaigne des défauts de son gouvernement ; d'où viennentils ces défauts? C'est que notre esprit manque à la terre dans l'institution de ses lois ; c'est que vous ne faites rien de la moitié de l'esprit humain que nous avons, et que vous n'employez jamais que la vôtre, qui est la plus faible.

MADAME SORDIN.

Voilà ce que c'est, faute d'étoffe l'habit est trop court.

ARTHENICE.

C'est que le mariage qui se fait entreles hommes et nous, devrait aussi se faire entre leurs pensées et les nôtres; c'était l'intention des dieux, elle n'est pas remplie, et voilà la source de l'imperfection des lois ; l'univers en est la victime et nous le servons en vous résistant. J'ai dit, il serait inutile de me répondre, prenez votre parti, nous vous donnons encore une heure, après quoi la séparation est sans retour, si vous ne vous rendez pas; suivez-moi, madame Sorbin, sortons.

MADAME SORBiN, en sortant.

Notre part d'esprit salue la vôtre.

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