SCÈNE IX
LE GOUVERNEUR, PARMENÉS, FLORIS, L'IN- SUUIRE, LE COURTISAN, LA COMTESSE, FONTIGNAC, SPINETTE, BLAISE.
LA COMTESSE
Oui, seigneur, mettez le comble à vos bienfaits : je TOUS ai mille obligations; joignez-y encore la grâce de m'accorder votre fils.
LE GOUVERNEUR
Vous lui faites honneur, et je suis charmé que VOUS l'aimiez.
Tendrement.
BLAISE
En rirait bian dansnoute pays de voir ça.
LE GOUVERNEUR
Mais c'est pourtant à vous à décider, mon fils ; aimez-vous madame ?
PARMENÈS, honteusement.
Oui, mon père.
FLORIS
rai besoin de la même grâce, mon père, et je demande Alvarès.
LE GOUVERNEUR
Je consens à tout. [En montrant Spinette,) Et cette jolie fiHe ?
BLAISE
Je vas faire son compte, (i Fontignac.) Vous
m'avez tantôt présenté une requête, Fontignac; je vous la rends toute brandie pour non te amie Spinette. Que dites-vous à ça !
FONTIGNAC.
Je rougis sous lé chapeau.
BLAISE
Ça veut dire, tope. Où est donc le notaire pour tous ces mariages, et pour écrire le contrat ?
LE GOUVERNEUR
Nous n'en avons point d'autre ici que la présence de ceux devant qui on se marie. Quand on a de la raison, toutes les conventions sont faites. Puissent les dieux vous combler de leurs faveurs i Quelques-uns de vos camarades languissent encore dans leur malheur; je vous exhorte à ne rien oublier pour les en tirer. L*usage le plus digne qu'on puisse faire de son bonheur, c'est de s'en servir à l'avantage des autres. Que des fêtes à présent annoncent la joie que nous avons de vous voir devenus raisonnables.
DIVERTISSEMENT
Livrez-vous Jeunes cœurs, au dieu delà tendresse;
Vous pouvez, sans faiblesse,
Former d'amoureux sentiments.
La Raison, dont les lois sont prudentes et sages,
Ne vous défend pas d*être amants,
Mais d*être amants volages.