L'ILE DE LA RAISON, DIVERTISSEMENT
Qa*an embryon, Qu'un mynnidon.
Philosophe arrogant, Qui te moques sans cesse De rhumaine faiblesse.
Tu t'applaudis d'en être exempt :
Dans l'univers tu te crois un géant.
Par la moindre disgrâce, Ton courage se passe.
Ta fermeté se lasse.
Tu n'es plus, avec ta raison, Qu'un petit garçon, Qu'un embryon.
Qu'un myrmidon.
Mortel indifférent. Qui sans cesse déclames Contre les douces flammes Que fait sentir le tendre enfant.
Auprès de lui tu te crois un géant.
Qu'un bel œil se présente.
Sa douceur séduisante Rend ta force impuissante.
Tu n'es plus, contre Cupidon, Qu'un petit garçon.
Qu'un embryon.
Qu'un myrmidon.
Qu'un nain soit opulent, Malgré son air grotesque Et sa taille burlesque, Grâce à Plutus, il paraît grand :
L'or et l'argent de lui font un géant. Mais, sans leur assistance, La plus belle prestance Perd son crédit en France ; Et l'on n'est, quand Plutus dit non.
Qu'un petit garçon.
Qu'un embryon.
Qu'un myrmidon.
Que tu semblais ardent, Mari, quand tu pris femme I De l'excès de ta flamme Tu lui parlais à chaque instant :
Avant l'hymen, tu te croyais géant.
Six mois de mariage De ce hardi langage T'ont fait perdre l'usage.
Tu n'es plus, pauvre fanfaron, Qu'un petit garçon, Qu'un embryon.
Qu'un myrmidon.