H. ORGON, LISETTE
M. ORGON, comme continuant un discoure eomnuneém Je ne le vante point plus qu'il ne le vaut; mais je crois qu'en fait d'esprit et de figure, on aurait de la peine à trouver mieux que Damis; à l'égard des qualités du cœur et du caractère, l'éloge qu'on en fait est général, et sa physionomie dit qu'il le mérite.
LISETTE
C'est mon avis.
M. ORGON
Mais, ma fille pense-t-elle comme nous? C'est pour le savoir que je te parle.
U8ETTB.
En doutez-vous, monsieur? Vous la connaissez. Est-ce que le mérite lui échappe? Elle tient de vous, premièrement.
Il faut pourtant bien qu'elle n'ait pas fait grand accueil à Damis, et qu'il ait remarqué de la froideur dans ses manières.
USETTB.
Il les a vues tempérées, mais jamais froides.
M. ORGON
Qu'est-ce que c'est que tempérées ?
USETTE.
C'est comme qui dirait... entre le froid et le chaud.
M. ORGON
D'où vient donc qu'on voit Damis parler plus volontiers à sa sœur?
LISETTE
C'est Damis, par exemple, qui a la clef de ce secret-là.
M. ORGON
Je crois l'avoir aussi, moi ; c'est apparemment qu'il voit que Lucile a de l'éloignement pour lui.
LISETTE
Je crois avoir à mon tour la clef d'un autre secret ; je pense que Lucile ne traite froidement Damis que parce qu'il n'a point d'empressement
pour elle.
M. ORGON
U ne s'éloigne que parce qu'il est mal reçu.
Mais, monsieur, s'il n'était mal reçu que parce qu'il s'éloigne I
H. ORGON
Qu'est-ce que c'est que ce jeu de mots-là ? Parlemoi naturellement; ma fille te dit ce qu'elle pense. Est-ce que Damis ne lui convient pas? Car, enfin, il se plaint de l'accueil de Lucile.