X. ORGON
Point d'écart. Frontin, parlons un peu de votre maître. Dites-moi confidemment , que pense-t-il sur le mariage en question ? son cœur est-il d'accord avec nos desseins?
FRONTIN
Ah I monsieur , vous me parlez là d'un cœur qui mène une trisle vie; plus je vous regarde, et plus je m'y perds. Je vois des cruautés dans vos enfants qu'on ne devinerait pas à la douceur de votre visage. {LUelte hauue let épaules,)
H. ORGON
Que veux-tu dire avec tes cruautés? De qui parles-tu ?
FRONTIN
De mon mattre, et des peines secrètes qu'il souffre de la part de mademoiselle votre fille.
LISETTE
Cet effronté, qui vous fait un roman ! Qu'a-t-on fait à ton mattre, dis ? Où sont les chagrins qu'on a eu le temps de lui donner? Que nous a-t-ildlt jusqu'ici? Que voit-on de lui que des révérences? Est-ce en fuyant que Ton dit qu'on aime ? Quand on a de l'amour pour une sœur afnée, est-ce à sa sœur cadette qu'on va le dire ?
Ne trouvez-vous pas cette fille-là bien revôche, monsieur?
M. ORGON
Tais-toi, en voilà assez; tout ce que j'entends me fait juger qu'il n'y a peut-être que du malentendu dans cette affaire-ci. Quant à ma fille, diteslui, Lisette, que je serais très-fâché d'avoir à me plaindre d'elle ; c'est sur sa parole que j'ai fait venir Damis et son père; depuis qu'elle a vu le fils, il ne lui déplaît pas^ à ce qu'elle dit; cependant ils se fuient, et je veux savoir qui des deux a tort ; car il faut que cela finisse.
[Il t'en va,) .