SCÈNE VI
DAMIS, LUaLE.
LUGILB, A Damit à genoux.
Mais qu'est-ce que cela signifie. Tamis?
DAMIS
Que je vous adore depuis le premier instant, et que je n'osais vous le dire.
LUGILB.
Assurément, voilà qui est particulier ; mais levezvous donc pour vous expliquer.
DAMIS, se levant.
Si vous saviez combien j'ai souiïert du silence timide que j'ai gardé, madame ! Non, je ne puis vous exprimer ce que devint mon cœur la première fois que je vous vis, ni tout le désespoir où je fui d'avoir parlé à Lisette comme j'avais fait.
LUGILB.
Je ne m'attendais pas à ce discours-là; car vous me promîtes alors de rompre notre mariage.
DAMIS
Madame, je ne vous promis rien ; souvenezvous-en, je ne fis que céder à l'éloignemeotoù je vous vis pour moi ; je ne me rendis qu'à vos disposilions, qu'au respect que j'avais pour elles, qu'à la peur de vous déplaire, et qu'à l'extrême surprise où j'étais.
LUGILB.
Je vous crois; mais j'admire la conjoncture où cela tombe; car enfin, si j'avais connu vos sentiments, quesais-je? ils auraient pu me déterminer, mais à présent, comment voulez-vous qu'on fasse? En vérité, cela est bien embarrassant.
DAMIS
AhlLucile, si mon cœur pouvait fléchir le vôtre l
LUGILB.
Vous verrez que notre histoire sera d'un ridicule qui me désole.
DAMIS
Je ne serai jamais à Phénice, je ne puis être qu'à vous seule: et si je vous perds, toute ma ressource est de fuir, de ne me montrer de ma vie, et de mourir de douleur.
LUGILB.
Cette extrémilé-là serait terrible; mais dites* moi, ma sœursait donc que vous m'aimez ?
DAMIS
Il faut qu'on le lui ai dit, ou qu'elle Tait soupçonné dans nos conversations^ et qu'elle ait voulu m'encourager à vous le dire.
LUGILB.
Hum! si elle a soupçonné que vous m'aimiez, je suis sûre qu'elle se sera doutée que j'y suis sensible.
DAMIS, en lui baisant la main.
Ah! Lucile,que viens-je d'entendre? Dans quel ravissement me jetez-vous !
LUaLE.
Notre aventure fera rire, mais noire amour zn*cii console ; je crois qu'on vient.