S6LB
Cest ma pensée; mais on ne peut pas se voir davantage, car nous sommes là.
AZOR
Mon cœur désire vos mains.
EGLR.
' Tenez, le mien vous les donne; êtes-vous plus contente?
AZOR
Oui, mais non pas plus tranquille.
iaiÂ.
C'est ce qui m'arrive, nous nous ressemblons en tout.
AZOR
Oh! quelle différence! tout ce que je suis ne vaut pas vos yeux; ils sont si tendres!
ÉGLé.
Les vôtres si vifs!
Vous êtes si mignonne, si délicate!
ÉGLB.
Oui, mais je vous assure qu'il vous sied fort bien de ne l'être pas tant que moi ; je ne voudrais pas que vous fussiez autrement, c'est une autre perfection; je ne nie pas la mienne; gardez-moi la vôtre.
AZOR
Je n'en changerai point, je l'aurai toujours.
ÉGLÉ
Ah çà! dites-moi, où étiez-vous quand je ne vous connaissais pas?
AZOR
Dans un monde à moi, où je ne retournerai plus, puisque vous n'en êtes pas, et que je veux toujours avoir vos mains; ni moi ni ma bouche ne saurions plus nous passer d'elles.
ÉGLÉ
Ni mes mains se passer de votre bouche ; mais j'entends du bruit, ce sont des personnes de mon monde ; de peur de les effrayer, cachez-vous derrière les arbres; je vais vous rappeler.
AZOR
Oui, mais je vous perdrai de vue.
ÉGLÉ
Non; vous n'avez qu'à regarder dans cette eau qui coule; mon visage y est, vous l'y verrez.
MGSROU, CARISE, ÉGLÉ.
ÉGLÉ, soupirant.
Ah! je m'ennuie déjà de son absence.
CARISE.
Églé, je vous retrouve inquiète, ce me semble; qu'avez-vous?
IfESROU.
Elle a même les yeux plus attendris qu'à l'ordinaire.
ÉGLÉ
C'est qu'il y a une grande nouvelle; vous croyez que nous ne sommes que trois, je vous avertis que nous sommes quatre ; j'ai fait l'acquisition d'un objet qui me tenait la main tout à l'heure.
CARISE.
Qui vous tenait la main, Églé! Que n'avez-vous appelé à votre secours?
ÉGLÉ
Du secours! contre quoi? contre le plaisir qu'il me faisait? J'éUis bien aise qu'il me la tint; il me la tenait par ma permission; il la baisait tant qu'il pouvait, et je ne Faurai pas plus tôt rappelé