FÉLICIE, SCÈNE VIL
LUQDOR.
Vous repentez-vous déjà d*aToir bien youIu demeurer? Que nous sommes différents Tun de Tautrel Je ferais ma Télicité d'être toujours avec vous. Oui, Félicic, vous êtes les délices de mes yeux et de mon cœur.
IrÉLICIB.
A merveille ! voilà un langage qui vient fort à propos ! Courage ! si vous continuez sur ce ton-là, je pourrai bien avoir tort d'être ici.
LCGIDOR.
Eh! qui pourrait condamner les sentiments que j'exprime? Jamais Tamour offrit-il d'objet aussi charmant que vous Têtes? Vos regards me pénètrent; ils sont des traits de flamme.
FÉLICIE
Je vous dis que ces flammes-là vont encore effaroucher ma compagne.
[La Modeêiie paraii iombre,) LUCIDOR.
Eh! quel autre discoura voulez-vous que je vous tieone? Vous ne m'inspirez que des transports, et je TOUS en parle; vous me ravissez, et je m'écrie; vous m'embrasez du plus tendre et du plus invincible de tous les amours, et je soupire.
FELICIB..
Ah ! que j'ai mal fait de rester I
LUCIDOR.
0 ciel ! quel discours !
LA MODESTIE
Vous voyez ce qui en est.
FÉUCIE, A la Modestie, Au moins, ne me quittez pas.
LÀ MODESTIE
n est encore temps de vous retirer.
FÉLICIE
Oh! toujours temps; aussi n'y manquerai-je pas, s'il continue.
LUCIDOR.
De grâce, adorable Félicie, expliquez-moi ce soupir; à qui s'adresse-t-il? Que signiûe-t-il?
FÉLICIE
Il signifie que je vais m'en retourner, et que vous n'êtes pas raisonnable.
LA MODESTIE
Allons donc, sauvez-vous.
LUCIDOR.
Non, vous ne vous en retournerez pas sitôt; vous n'aurez pas la cruauté de me déchirer le cœur.
FÉUGIB.
En un mot, je ne veux pas que vous m'aimiez.
Donnez-moi donc la force de faire l'impossible.
FÉLICIE
L'impossible I et toujours des expressions tendres! Eh bien! si vous m'aimez, ne me le dites point.
] LUCIDOR.
î En quel endroit de la terre irez-vous, où l'on ne
! vous le dise pas ?
' FÉLICIE, à la Modestie.
Je n'ai point de réplique à cela; mais je vous défie de me rien reprocher, car je me défends bien.
LUCIDOR.
Content de vous voir, de vous aimer, je ne vous demande que de souffrir mes respects et ma tendresse.
FELICIE, à la Modestie.
Gela ne prend rien sur mon cœur; ainsi, ne vous inquiétez pas ; ce ne sera rien.
LA MODESTIE
Son respect vous trompe et vous séduit.
LUCIDOR, â ia Modestie.
Vous, qui l'accompagnez, d'où vient que vous vous déclarez mon ennemie ?
LA MODESTIE
C'est que je suis l'amie de la vertu.
LUCIDOR, baisant la main û Félicie, Et, moi, je suis Tadorateur de ia sienne.
LA MODESTIE, A Félicie.
' Et vous voyez qu'il l'attaque en l'adorant. (Elle fait semblant de partir.) Je n'y tiens point non plus, Félicie.
FÉLICIE, courant après elle.
Arrête^, Modestie I seigneur, je vous déclare que je ne veux point la perdre.
LUCIDOR.
Elle devrait avoir nom Férocité, et non pas Modestie. (Il va à elle.) Revenez, madame, revenez;, je ne dirai plus rien qui vous déplaise; je me tairai. Mais, pendant mon silence, Félicie, permettez à ces jeunes chasseurs, que vous voyez épars, de vous marquer, à leur tour, la joie qu'ils ont de vous avoir rencontrée; ils me divertissent quelquefois moi-même par leurs danses et par leurs chants: souffrez qu'ils essaient de vous amuser. La musique et la danse ne doivent effrayer personne, (i Félicie, bas,) Qu'elle est revêche et bourrue !
FÉLICIE, tout bas aussi.
C'est ma compagne.
LUCIDOR.
Asseyons-nous et écoutons.