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LES ACTEURS DE BONNE FOI, SCÈNE VI

mirdi en quinze; d*ici à ce temps-là, je Tarrons

Tenir.

MRBUir.

N'importe, celte erreur-là n'est ici d'aucune conséquence. (Rej^enani la fcènf .) Qui est-ce qui t*a dit. Biaise, que j'aime Colette?

BLAISB.

C'est vous qui le disiais tout à l'heure.

MRR UN, interrompant ta tcine.

Mais prends donc garde ; souviens-toi encore une fois que tu n'y étais pas.

BLAISB.

C'est donc mademoiselle Lisette qui me l'a appris, et qui vous donne aussi biaucoup de blâme de cette affaire-là? Et la velà pour confirmer mon dire.

USETTB, d'un ton menaçant^ et interrompant.

Va, va, j'en dirai mon sentiment après la comédie.

MERLIIV.

Nous ne ferons jamais rien de cette grue-là ; il ne saurait perdre les objets de vue.

LISETTE

Continuez, continuez ; dans la représentation 11 ne les verra pas, et cela le corrigera. Quand un homme perd sa maltresse, il lui est permis d'être distrait, monsieur Merlin.

BLAISB, interrompant.

Cette comédie-là n'est faite que pour nous planter là, mademoiselle Lisette.

COLBTTB.

Eh bien I plante-moi là itou, toi, Nicodème.

BLAISB, pleurant»

Morguié ! ce n'est pas comme ça qu'on en use avec un fiancé de la semaine qui vient.

COLETTE

Et moi, je te dis que tu ne seras mon fiancé d'aucune semaine.

MERLIN

Adieu ma comédie; on m'avait promis dix pisloles pour la faire jouer, et ce poltron-là me les vole comme s'il me les prenait dans ma poche. COLETTE, interrompant.

Eh ! pardi, monsieur Merlin, velà bian du tintamarre, parce que vous avez de l'amiquié pour moi, et que je vous trouve agriable. Eh bien! oui, je lui plais; je nous plaisons tous deux; il est garçon, je sis fille; il est à marier, moi itou; il voulait de mademoiselle Lisette, il n'en veut pus; il la quitte, je te quitte ; il me prend, je le prends. Quant à ce qui est de vous autres, il n'y a que patience à prenre.

BLAISE

Velà de belles fiançailles!

USETTB, à Merlin, en déchirant un papier.

Tu te tais donc, fourbe ! Tiens, voilà le cas que je fais du plan de ta comédie; tu mériterais d'être traité de même.

MERLIN

Mais, mes enfants, gagnons d'abord notre argent, et puis nous finirons nos débats.

C'est bian dit, je nous querellerons après; c'est la même chose.

LISETTE

Taisez-vous, petite impertinente.

COLBTTB.

Cette jalouse, comme elle est mal apprise!

MERLIN

Paix-là donc, paix!

COLETTE

Suis-je cause que je vaux mieux qu'elle?

USETTB.

Que cette petite paysanne-là ne m'échauffe pas les oreilles!

COLETTE

Mais, voyez, je vous prie, cette glorieuse, avec sa face de chambrière I

MERLIN

Le bruit que vous faites va amasser tout le. monde ici, et voilà déjà madame Argante qui accourt, je pense.

LISETTE, s'en allant.

Adieu, fourbe.

MERLIN

L'épithète de folle m'acquittera, s'il te plaît, de celle de fourbe.

Je m'en vais itou me plaindre à un parent de la masque.

COLETTE

Je nous varrons tantôt, monsieur Merlin, n'est-ce pas?

MERLIN

Oui, Colette, et cela va à merveille ; ces gens-là nous aiment, mais continuons encore de feindre.

COLETTE

Tant que vous voudrais ; il n'y a pas de danger, pisqu'ils nous aimont tant.

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