‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 490 sur 1238 · ARLEQUIN POLI PAR L'AMOUR, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ARLEQUIN POLI PAR L'AMOUR, SCÈNE V

UNE CHANTEUSE, BBRGàRB, ù Arlequin,

Aimez, aimez; rien n*est si doux.

ARLEQUIN

Apprenez, apprenez-moi cela.

LA CHANTEUSE continue en le regardant.

Ah ! que je plains votre ignorance I Quel bonheur pour moi, quand j*y pense,

{Elle montre le chanteur,) Qu'A lys en sache plus que vous l

LA FÉE

Cher Arlequin, ces tendres chansons ne tous inspirent-elles rien? Que sentez-vous?

ARLEQUIN

Je sens un grand appétit.

C'est-à-dire qu*il soupire après sa collation. Mais voici un paysan qui veut vous donner le plaisir d'une danse de village ; après quoi nous irons manger. {Un paysan dame,)

LA FÉE se rassied^ et fait asseoir Arlequin qui M'endort,

Quand la danse finit, la fée le tire par le bras^ et lui

dit en se levant :

Vous vous endormez ? Que faut-il donc faire pour vous amuser?

ARLEQUIN, en se réveillant, pleure, Hi I hi ! hi 1 Mon père I Eh ! je ne vois point ma mère.

LA FÉE, à Trivelin,

Emmenez-le; il se distraira peut-être, en mangeant, du chagrin qui le prend. Je sors d*ici pour quelques moments. Quand il aura fait collation, laissez-le se promener où il voudra.

Page 1