ARLEQUIN POLI PAR L'AMOUR, SCÈNE VI
savu.
Je me retire» car je ne vous connais pas.
ABLEQUIN.
Vous ne me connaissez pas! tant pis; faisons connaissance, Toulez-yous?
SILYIA, enewe A<mfeai«e.
Je le veux bien.
ARLEQUIN, en riant,
QaeTOus êtes jolie?
savu.
Vous êtes bien obligeant.
ABLIQUIN.
Ob I point ; je dis la vérité.
SILVIA, en riant un peu à son tour.
Vous êtes bien joli aussi, yous.
ARLBQITIN.
Tant mieux! Où demeurez-vous? Je vous irai voir.
8n.TIA.
Je demeure tout prés; mais il ne faut pas venir; il vaut mieux nous voir toujours ici, parce qu*il y a un berger qui m'aime; il serait jaloux, il nous saivrait.
ARLEQUIN
Ce berger-là vous aime !
SILVU.
Oui.
ARLEQUIN
Voyez donc cet impertinent! je ne le veux pas, moi. Est-ce que vous l'aimez, vous?
SILVU.
Non, je n'en ai jamais pu venir à bout.
ARLXQUIN.
C'est bien fait; il faut n'aimer personne que BOUS deux; voyez si vous le pouvez.
SILVIA
Ohl de reste ; je ne trouve rien de si aisé.
ARLEQUIN
Tout de bon?
SILVIA
Oh! je ne mens jamais. Hais où demeurez- vous aussi?
Dans cette grande maison.
SILVU.
Quoi ! chez la fée?
ARLEQUIN
Oui.
SILVU, tritlemeni,
J*ai toujours eu du malheur.
ARLEQUIN, triêlement aiciii.
Qu'est-ce que vous avez, ma chère amie?
SILVU.
Cest que cette fée est plus belle que moi, et j'ai peor que notre amitié ne tienne pas.
ARLEQUIN, impatiemment,
raimerais mieux mourir. (Temlremenf.) Allez, ne vous affligez pas, mon petit cœur.
SILVIA
Vous m'aimerez donc toujours?
ARLEQUIN
Tant que je serai en vie.
SILVU.
Ce serait bien dommage de me tromper ; je suis si simple! Mais mes moutons s'écartent, on me gronderait s'il s'en perdait quelqu'un ; il faut que je m'en aille. Quand reviendrez-vous?
ARLEQUIN, avec chagrin.
Oh ! que ces moutons me fâchent I
SILVU.
Et moi aussi ; mais que faire? Serez-vous ici sur le soir?
ARLEQUIN
Sans faute. {Il iui prend la main.) Oh ! les jolis petits doigts! (// lui baise la main,) Je n'ai jamais eu de bonbon si bon que cela.
SILVU, en riant.
Adieu donc. {A part,) Voilà que je soupire, et je n'ai point eu de secret pour cela.
(Elle laisse tomber son mouchoir en s'en allant, ARLEQUIN, ramassant le mouchoir.
Mon amie!
SILVU.
Que voulez-vous, mon ami? Ah! c*est mon mouchoir; donnez.
ARLEQUIN le tendy et puis le retire; il hésite.
Non, je veux le garder; il me tiendra compagnie. Qu'est-ce que vous en faites?
SILVU.
Je me lave quelquefois le visage, et je m'essuie avec.
ARLEQUIN
Et par où vous sert-il, afln que je le baise par là?
SILVU.
Partout ; mais j'ai hâte, je ne vois plus mes moutons. Adieu; jusqu'à tantêt.
{Arlequin la salue en faisant des lazzi^ et se retire,)