‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 495 sur 1238 · ARLEQUIN POLI PAR L'AMOUR, SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

ARLEQUIN POLI PAR L'AMOUR, SCÈNE VIL

LA réz.

Je suis ravie de ne m*y être point rencontrée; car c'est une grande peine que de feindre de l'amour pour qui Ton n'en sent plus.

TRIVEkIN.

En vérité, madame, c*est bien dommage que ce petit innocent l'ait chassé de votre cœur. Merlin est au comble de la joie; il croit vous épouser incessamment. Imagines-tu quelque chose d'aussi beau qu'elle? me disait-il tantôt, en regardant votre portrait. Ah! Trivelin, que de plaisirs m'attendent! Hais je vois bien que, de ces plaisirs-là, il n'en tàtera qu'en idée; et cela est d'une trisle ressource, quand on s'en est promis la belle et bonne réalité. U reviendra; comment vous tirerezvous d'alTaire avec lui?

LA FÉB.

Jusqu'ici je n'ai d'autre parti à prendre que de le tromper.

TBIVBLIN.

Et n'en sentez-vous pas quelque remords de conscience?

LA FEE

Ohl j'ai bien d'autres choses en tête qu à m'amuser à consulter ma conscience sur une bagatelle.

TRIVELIN, à part.

Voilà ce qui s'appelle un cœur de femme complet.

LA FEE.'

Je m'ennuie de ne point voir Arlequin; jevais le chercher; mais le voilà qui vient à nous. Qu'en dis-tu, Trivelin? il me semble qu'il se tient mieux qu'à l'ordinaire.

Arlequin arrive tenant en mam le mouchoir de Siîvia qu*H regarde f et dont il $e frotte tout doucement le viiage»)

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