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LA DOUBLE INCONSTANCE, ACTE I, SCÈNE VIIL

ABLBQUIN.

Me Toilà pourtant; et il n'y a point de remède, je serai toujours comme cela.

USKTTB.

Oh! j'en suis persuadée.

ARLKQDIN.

Par bonheur, vous ne vous en souciez guère?

U8BTTB.

Pourquoi me demandez-Tous cela?

AHLBQUnr.

Eh ! pour le savoir.

LISETTE

Je serais bien sotte de tous dire la vérité làdessus, et une fille doit se taire.

▲RLBQUIlf.

Comme elle y val Tenez, dans le fond, c'est dommage que vous soyez une si grande coquette.

LISETTE

Moi?

ARLEQUIN

Vous-même.

LISETTE

Savez-vous bien qu'on n'a jamais dit pareille chose à une femme, et que vous m'insultez?

ARLEQUIN

Point du tout ; il n'y a point de mal à*voir ce que les gens nous montrent. Ce n'est point moi qui ai tort de vous trouver coquette; c'est vous qui avez tort de l'être, mademoiselle.

USETTE.

Mais par où voyez-vous donc que je le suis?

ARLEQUIN

Parce qu'il y a une heure que vous me dites des douceurs, et que vous prenez le tour pour me dire que vous m'aimez. Écoutez, si vous m'aimez tout de bon, retirez-vous vite, afin que cela s'en aille; car je suis pris, et naturellement je" ne veux pas qu'une fille me fasse l'amour la première; c'est moi qui veux commencer à le faire à la fille, cela est bien meilleur. Et si vous ne m'aimez pas... eh ! fi! mademoiselle, fil fi!

LISETTE

Allez! allez, vous n'êtes qu'un visionnaire.

ARLEQUIN

Comment est-ce que les garçons, à la cour, peuvent souffrir ces manières-là dans leurs maîtresses? Par la morbleu! qu'une femme est laide, quand elle est coquette I

LISETTE

Mais, mon pauvre garçon, vous extravaguez.

ARLEQUIN

Vous parlez de Silvia; c'est cela qui est aimable ! Si je vous contais notre amour, vous tomberiez daus l'admiration de sa modestie. Les premiers jours il fallait voir comme elle se reculait d'auprès de moi ; et puis elle reculait plus doucement ; puis petit à petit, elle ne reculait plus; ensuite elle me regardait en cachette ; et puis elle avait honte quand je l'avais vue faire, et puis moi j'avais un plaisir

de roi à voir sa honte ; ensuite j'attrapais sa main, qu'elle me laissait prendre; et puis elle était encore toute confuse; et puis je lui parlais; ensuite elle ne me répondait rien, mais n'en pensait pas moins; ensuite elle me donnait des regards pour des paroles, et puis des paroles qu'elle laissait aller sans y songer, parce que son cœur allait plus vite qu'elle ; enfin c'était un charme; aussi j'étais comme un fou. Et voilà ce qui s'appelle une fille; mais vous ne ressemblez point à Silvia.

LISETTE

En vérité, vous me divertissez, vous me faites rire.

ARLEQUIN

Ohl pour moi, je m'ennuie de vous faire rire à vos dépens. Adieu ; si tout le monde était comme moi, vous trouveriez plutôt un merle blanc qu'un amoureux.

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