‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 59 sur 1238 · SCÈNE XVIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVIII

LE FLNANQER, DÉMOCRITE.

J'étais dans l'espérance De pouvoir avec vous contracter alliance. Un accident, monsieur, m'oblige de partir : Tai cru de mon devoir de vous en avertir.

DÉMOCRITE

Vous êtes donc monsieur de la Boursînière? El quel malheur, monsieur, quelle subite affaire Peut, en si peu de temps, causer votre départ? A cet éloîgnement ma fille a-t-elle part?

LE FINANCIER

Non, monsieur.

DÉMOCRITE

Permettez pourtant que je soupçonne ; El dans l'élonnement qu'un tel départ me donne. J'entrevois que peut-être ici quelque jaloux Pourrait, en ce moment, vous éloigner de nous. Vous ne répondez rien, avouez-moi la chose; D'un changement si grand apprenez-moi la cause. J'y suis intéressé; car si des envieux Vous avaient fait, monsieur, des rapports odieux... le ne vous retiens pas, mais daignez m'en instruire. Il faut vous détromper.

LE FINANCIER

Que pourrais- je vous dire?

DÉMOCRITE

SoD, noD, il n'est plus temps de vouloir le celer.

Je vois trop ce que c'est, et vous pouvez parler.

N'avez-vous pas chez vous un valet que l'on nomme

DÉMOCRITE

Moi? de ce nom je ne connais personne.

LE FINANCIER

Le fourbe ! il m'a trompé.

DÉMOCRITE

Eh bien donc? ce Crispin?

LE FINANaSR.

Il s'est dit de chez vous.

DÉMOCRITE

liment; c'est un coquin.

LE FINANCIER

Un mal affreux, dit-il, attaquait votre fille. Il en a dit autant de toute la famille.

DÉMOCRITE

D'un rapport si mauvais je ne puis me fâcher.

LE FINANCIER

Mais il faut le punir, et je vais le chercher.

DÉMOCRITE

Allez, je vous attends.

LE FINANCIER

Au reste, je vous prie, Que je ne souffre point de cette calomnie.

J'ai le cœur mieux placé.

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