DÉMOCRITE, LE CHEVALIER, CRISPIN
{Crispiity pendant cette tcène^ fait tout les tignes (ttin homme qui veut i*en aller,)
LE CHEVALIER
Je m'étais bien promis de ne plus vous revoir, Et je devais partir de ces lieux dès ce soir. Je veux pourtant encor rétracter ma parole, Résolu de ne point épouser une folle.
Je suis fâché, monsieur, de vous parler si franc ; Mais vous méritez bien un pareil compliment. Puisque vous me trompiez, sans un avis fidèle. Votre fille est fort riche, elle est jeune, elle est belle ; Mais les fréquents accès qui troublent son esprit Ne sont pas de mon goût.
DÉMOCRITE
Eh ! qui vous Ta donc dit Qu'elle eût de ces accès?
LE CHEVALIER
J'ai promis de me taire.
Celui de qui je tiens cet avis salutaire. Je le connais fort bien, et vous le connaissez. Cet hommeestde chez vous, c'est vous en dire assez.
DÉMOCRITE
Cet homme a déjà fait une autre menterie : C'est un nommé Crispin, insigne en fourberie ; Je n'en sais que le nom, il n'est point de chez mol. Mais vous, n'avez-vous point engagé votre foi ? Vous êtes interdit! que prétendez-vous faire? Vous marier deux fois?
LE CHEVALIER
Quel est donc ce mystère?
DÉMOCRITE
Vous devriez rougir d'une telle action : C'est du ciel s'attirer la malédiction.
Et ne savez-vous pas que la polygamie Est ici cas pendable, et qui coûte la vie?
LE CHEVALIER
Moi! je suis marié ! qui vous fait ce rapport?
DEMOCRITE.
Oui, voilà mon auteur; regardez si j'ai tort
Eh bien !
DÉMOCRITE
C'est votre femme.
LE CHEVALIER
Ah ! le plaisant visage !
Le ragoûtant objet que j'avais en partage ! Mais je crois la connaître. Ah ! parbleu, c'est Cris- Lui-méme. [pin
DÉMOCRITE, étonné.
Ce fripon, cet insigne coquin ?
LE CHEVALIER
Malheureux I tu m'as dit que Philine était folle ! Réponds donc.
GRISPIN.
Ah ! monsieur, j'ai perdu la parole.