‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 728 sur 1238 · LILE DES ESCLAVES, SCÈNE XL · texte numérisé non relu

LILE DES ESCLAVES, SCÈNE XL

ABLEQUIN.

AUoDs, m*amie, soyons bonnes gens sans le reprocher, faisons du bien sans dire d'injures. Us sont contrits d*avoir été méchants, cela fait qu'ils nous valent bien ; quand on se repent, on est bon, et quand on est bon, on est aussi avancé que Doas. Approchez, madame Euphrosine; elle vous pardonne; voilà qu'elle pleure; la rancune s'en va, et votre affaire est faite.

CLKANTHIS.

Il est vrai que je pleure; ce n'est pas le bon cœur qui me manque.

BUPHROSINB, triitemenl.

Ha chère Cléantbis, j'ai abusé de l'autorité que j'avais sur toi, je l'avoue.

CLÉANTHIS.

Hélas I comment en aviez-vous le courage? Mais voilà qui est fini, je veux bien oublier tout; agissez comme vous voudrez. Si vous m'avez fait souffrir, tant pis pour vous; je ne veux pas avoir à me reprocher la même chose, je vous rends la liberté; et s'il y avait un vaisseau, je partirais tout à l'heure avec vous. Voilà tout le mal que je vous veux; si vous m'en faites encore, ce ne sera pas ma faute.

ARLEQUIN, pleurant,

Âh ! la brave fille ! ah I le charitable naturel I

IPHICRATE

Êtes-vous contente, madame?

BUPHROSIME, avec attendrissement.

Viens que je t'embrasse, ma chère Cléantbis.

ARLEQUIN, d Cléanthii,

Mettez-vous à genoux pour être encore meilleure qu'elle.

EUPHROSINE

La reconnaissance me laisse à peine la force de te répondre. Ne parle plus de ton esclavage, et ne songe plus désormais qu'à partager avec moi tous les biens que les dieux m'ont donnés, si nous retournons à Athènes.

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