‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 737 sur 1238 · L'HÉRITIER DE VILLAGE, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

L'HÉRITIER DE VILLAGE, SCÈNE IV

LE CHEVALIER

Cousine, pensez-YOus qu'elle me raille?

MADAME DAMIS

Vous n'en pouvez pas douter.

LE CHEVALIER

Eh donc I je conclus qu'elle est folle.

CLAUDINE

Tenez, je vous parle à tous deux; car vous ne savez pas ce que vous dîtes ; vous ne savez pas le tu autem. Boulez-vous à votre devoir, honorez ma parsonne, traitez-moi de madame, demandez-moi comment se porte ma santé, mettez au bout queuque coup de chapiau, et pis vous vairais. Allons, commencez.

LE CHEVALIER

Ce genre de folie est divertissant. Voulez- vous que je la complimente?

MADAME DAMIS

Vous n'y songez pas, chevalier ; c'est une impertinente qui perd le respect, et vous devriez la faire taire.

LE CHEVALIER

Moi, la faire taire I arrêter la langue d'une femme? un bataillon, encore passe!

CLAUDINE

Ah I ah ! ah ! par ma fiqué I ça est trop drôle.

MADAME DAMIS

Son mari me fera raison de son insolence.

CLAUDINE

Bon, mon mari I est-ce que je nous soucions l'un de l'autre ? J'avons le bel air, nous, de ne nous voir quasiment pas. Vous qui n'avez jamais quitté votre chàtiau, cela vous passe, aussi Man que la vartu folichonne.

LE CHEVALIER

Cette vertu folichonne m'enchante, son extravagance pétille d'inventions. Va, ma poule, va; sandisi je t'aime mieux folle que raisonnable.

CLAUDINE

Oh! c'ti-là vaut trop; ils font envars moi ce que j'ons fait envars mon homme; ils me croyont le çarviau parclus; ne leur disons rian; v'ià Biaise qui viant.

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