‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 740 sur 1238 · L'HÉRITIER DE VILLAGE, SCÈNE V · texte numérisé non relu

L'HÉRITIER DE VILLAGE, SCÈNE V

d*épouser. Ce sont des villageois ; mais qu'est-ce que cela fait? Regardons le tout comme une intrigue pastorale; le mariage sera la fin d'une églogue. Il est vrai que vous êtes noble; moi, je le suis depuis le premier homme ; mais les premiers hommes étaient pasteurs ; prenez donc le pastoureau, et moi la pastourelle. Ils ont cinquante mille francs chacun, cousine; cela fait de belles houlettes. En voulez-vous votre part? Eh donc! Colin est jeune, et sa jeunesse ne vous mésiéra pas.

MADAME DAMIS

Chevalier, l'idée me parait assez sensée ; mais la démarche est humiliante.

LE CHEVALIER

Cousine, savez-vous souvent de quoi vit Torgueil de la noblesse? de ces petites hontes qui vous arrêtent. La belle gloire, c'est la raison, cadédis; ainsi j'achève. (A Biaise h ù sa Jemme,) Monsieur et madame Biaise, si ces aimables enfants voulaient se promener un petit tour à l'écart, je vous ouvrirais une pensée qui me parait piquante.

BLAISE

Holà! précepteur, boutez de la marge entre nous ; convarsez à dix pas.

{Les enfants se retirent après avoir salué la compagnie

qui les salue auui.)

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