LE TRIOMPHE DE PI UTUS, DIVERTISSEMENT
Loin de ces lieux, une tendre bergère S'en tient au choix que son cœur lui suggère. Fût-ce un Midas Pour les ducats, S'il ne platt pas, Il perd ses pas.
De tous ses biens on ne fait cas; Le temps n*7 peut rien faire.
De nos beautés la maxime est contraire. Fût-ce un pâlot, Un idiot.
Un maître sot.
Un ostrogot; S'il est pourvu d*un bon magot.
Un Jour finit Taffaire.
Loin de ces lieux, une riche héritière N'est point Tobjet qu*un amant considère ; Sagesse,' honneu r. Vertu, douceur.
Sont de son cœur L'attrait vainqueur; Ses feux ont toi^ours même ardeur ; Le temps n*y peut rien faire.
De nos amants la maxime est contraire.
Bons revenus, Contrats, écus, Sur les vertus Ont le dessus.
De tels nœuds sont bientôt rompus; Un jour en fait Taffaire.
Sans dépenser, c'est en vain qu'on espère De s'avancer au pays de Cythère.
Mari jaloux.
Femme en courroux, Ferment sur nous Grille et verroux ; Le chien nous poursuit comme loups ; Le temps n'y peut rien faire.
Mais si Plutus entre dans le mystère.
Grille et ressort S'ouvrent d'abord.
Le chien s'endort, Le mari sort, Femme et soubrette sont d'accord ; Un jour finit l'affaire.
Tant que Philis eut un destin prospère. Plus d'un amant lui dit d'un air sincère :
Que vos beaux yeux
Sont gracieux I
L'Amour, pour eux.
Fixe mes vœux ; Chaque instant redouble mes feux; Le temps n'y peut rien faire.
Dès que Plutus cessa de lui complaire,
Plus de trésor,
PlusdeMédor,
Flamme et transport
Prirent l'essor; L'Amour s'enfuit et court encor; Un jour finit l'affaire.
Lorsqu'un auteur, instruit dans l'art de plaira. Trouve des traits ignorés du vulgaire.
On l'applaudit.
On le chérit ; Grand et petit En font récit ; Jamais l'ouvrage ne périt; Le temps n'y peut rien faire.
Si Ton ne suit qu'une route ordinaire, Le spectateur.
Fin connaisseur.
Contre l'acteur.
Est en rumeur ; La pièce meurt malgré l'auteur; Un iour finit l'affaire.