LE JEU DE L'AMOUR ET DU HASARD, ACTE II, SCÈNE L
SfLVIA. I
Vous l'avez dit.
PASQUTN.
C'est fort bien fait, je m'en réjouis. Croyez-vou? que je plaise ici? Comment me trouvez-vous?
SILVIA
Je vous trouve plaisant...
PASQUIX.
Bon ! tant mieux : entretenez-vous dans ce sentimcnt-)à, il pourra trouver sa place.
SILVIA
Vous êtes bien modeste de vous en contenter. Mais je vous quitte : il faut qu'on ait oublié d'avertir votre beau-père, car assurément il serait venu; et j'y vais.
PASQUIIf.
Dites-lui que je l'attends avec afifection.
SILVIA, à part.
PASQUtlf.
Monsieur, mille pardons, c'est beaucoup trop, et il n*en faut qu'un quand on n'a fait qu'une faute; au surplus, tous mes pardons sont à votre service.
M. OHGON.
Je tâcherai de n'en avoir pas besoin.
PASQUri?.
Vous êtes le mattre, et moi votre serviteur.
M. ORGON
Je suis, je vous assure, charmé de vous voir, et je vous attendais avec impatience.
PASQUIIf.
Je serais d'abord venu ici avec Bourguignon ; mais quand on arrive de voyage, vous savez qu'on est si mal bâti, et j'étais bien aise de me présenter dans un état plus ragoûtant.
K. ORGON
^ , » » V . * j j Vous y avez fort bien réussi. Ma fille s'habille :
Que le sort est bizarre! Aucun de ces deux -.n^ « jr,;, „„ „^„ :«,i:««^ea^. «« «•#«„j«.*4 «..'^n^
kmmaa n'oc# h ea ta»^^ ^ ^ " P®** inuisposee; cu attcndaut qu elle
.mmaa n oe o c» w. o«« dcsccndc, voulcz-vous VOUS rafratchir?
PASOCfX.
Oh! je n'ai jamais refuse de trinquer avec personne.
U. OUGOX.
hommes n'est à sa place.
DORANTE, PASQUIN
PASQUIN
Eh bien, monsieur! mon commencement va bien; je plais déjà à la soubrette.
DORANTE
Butor que tu es !
PASQUIN
Pourquoi donc? Mon entrée est si gentille!
DORANTE
Tu m'avais tant promis de laisser là tes façons de parler sottes et triviales, je t'avais donné de si bonnes instructions; je ne t'avais recommandé que d'être sérieux. Va, je vois bien que je suis un étourdi de m'en être fié à toi.
PASQUIN
Je ferai encore mieux dans la suite; et, puisque le sérieux n'est pas suffisant, je donnerai du mélancolique; je pleurerai, s'il le faut.
DORANTE
Je ne sais plus où j'en suis; cette aventure-ci m*clourdit: que faut-il que je fasse?
PASQUIN
Est-ce que la fille n'est pas plaisante?
DORANTE
Tais-toi; voici monsieur Orgon qui vient*