SCÈNE IV
d'attendre, monsieur; c'est par galanterie que TOUS faites l'impatient; à peine êtes vous arrivé ! Votre amour ne saurait être bien fort; ce n'est tout au plus qu'un amour naissant»
PASQUIN
Vous vous trompez^ prodige de nos jours, un amour de votre façon ne reste pas longtemps au berceau : votre premier coup d'oeil a fait naître le mien, le second lui a donné des forces, et le troisième l'a rendu grand garçon. Tâchons de l'établir au plus vite; ayez soin de lui, puisque vous êtes sa mère.
Trouvez-vous qu'on le maltraite? est-il si abandonné?
PASQUIN
En attendant qu'il soit pourvu, donnez-lui seulement votre belle main blanche, pour l'amuser un peu.
USETTE.
Tenez donc, petit importun, puisqu'on ne saurait avoir la paix qu'en vous amusant.
PASOUIN, ivi baisant ta main.
Cher joujou de mon âme! cela me réjouit comme du vin délicieux. Quel dommage de n'en avoir que roquille^
LISETTE
Allons, arrêtez-vous ; vous êtes trop avide.
PASQUm.
Je ne demande qu'à me soutenir en attendant que je vive.
LISETTE
Ne faut-il pas avoir de la raison?
PASQUIN
De la raison? Hélas! je l'ai perdue: vos beaux yeux sont les filous qui me l'ont volée.
LISETTE
Mais est-il possible que vous m'aimiez tant ? Je ne saurais me le persuader.
Je ne me soucie pas de ce qui est possible, moi ; mais je vous aime comme un perdu, et vous verrez bien dans votre miroir que cela est juste.
LISETTE
Mon miroir ne servirait qu'à me rendre plus incrédule.
PASQURÏ.
Ah! mignonne adorable, votre humilité ne serait donc qu'une hypocrite!
LISETTE
Quelqu'un vient à nous : c'est votre valet.
I. Petite BCiare de vin, anciennement en aiage, et qui Talait tniiroB on quart de litre.