LE JEU DE L'AMOUR ET DU HASARD, ACTE II, SCENE VIL
PASQUIN. I PASQUIN $e mei à genoux.
Ce n'est donc pas la retenue d'à présent, qui i Votre bonté m'éblouit,etje me prosterne devant
donne bien d'autres permissions.
LISETTE
Mais que demandez-vous?
Dites-moi un petit brin que vous m'aimez : tenez, je vous aime^ moi; faites l'écho^ répétez, princesse.
LISETTE
Quel insatiable! Eh bien! monsieur, je vous aime.
PASQUIN
Eh bien, madame, je me meurs; mon bonheurt me confond, j'ai peur d'en courir les champs; vous m'aimez, cela est admirable.
LISETTE
J'aurais lieu à mon tour d'être étonnée de la promptitude de votre hommage; peut-être m'taimerez-vous moins quand nous nous connaîtrons mieux.
PASQUIN
Ah! madame, quand nous en serons là, j'y perdrai beaucoup, il y aura bien à décompter.
LISETTE
Vous me croyez plus de qualités que je n'en ai.
PASQUIN
Et vous, madame, vous ne savez pas les miennes, cl je ne devrais vous parler qu'à genoux.
LISETTE
Souvenez-vous qu'on n'est pas les maîtres de son sort.
PASQUIN
Les pères et mères font tout à leur tête.
Pour moi, mon cœur vous aurait choisi, dans quelque état que vous eussiez été.
PASQUIN
Il a beau jeu pour me choisir encore.
LISETTE
Puis-je me flatter que vous êtes de même à mon égard ?
PASQUIN
Hélas! quand vous ne seriez que Perrette ou Margot, quand je vous aurais vue, le martinet à la main, descendre à la cave, vous auriez toujours été ma princesse.
LISETTE
Puissent de si beaux sentiments être durables !
PASQUIN
Pour les fortiflerdepartet d'autre, jurons-nous de nous aimer toujours, en dépit de toutes les fautes d'orthographe que vous aurez faites sur mon compte.
LISETTE
J'ai plus d'intérêt à ce serment-là que vous^ et je le fais de tout mon cœur.
elle.
LISETTE
Arrêtez-vous, je ne saurais vous soufl'rir dans cette posture-là ; je serais ridicule de vous y laisser, levez-vous. Voilà encore quelqu'un.