‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 827 sur 1238 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

DORANTE, PASQUIN

DORANTE

£h bien! tu quittes la fille d'Orgon; lui as-tu dit qui tu étais?

PASQUIN

Pardi oui! La pauvre enfant! j'ai trouvé son cœur plus doux qu'un agneau; il n'a pas soufflé. Quand je lui ai dit que je m'appelais Pasquin, que j'avais un habit d'ordonnance : Eh bien! mon ami, m'a-t-elle dit, chacun a son nom dans la vie, chacun a son habit; le vôtre ne jous coûte rien, cela ne laisse pas d'être gracieux.

PORANTE.

Quelle sotte histoire me contes-tu là ?

Tant y a que je vais la demander en mariage.

DORANTE

Comment! elle consent a t'épouser?

PASQUIN

La voilà bien malade !

DORANTE

Tu m'en imposes ; elle ne sait pas qui tu es.

PASQUIN

Par la ventrebleu ! voulez-vous gager que je l'épouse avec la casaque sur le corps^ avec une sou^quenille si vous me fâchez ? Je veux bien que vous sachiez qu'un Amour de ma façon n'est point sujet à la casse, que je n'ai pas besoin de votre friperie pour pousser ma pointe, et que vous n*avez qu'à me rendre la mienne.

DORANTE

Tu es un fourbe; cela n'est pas concevable, et je vois bien qu'il faudra que j'avertisse monsieur Orgon.

PASQUIN

Qui? notre père? Ah! le bon homme , nous l'avons dans notre manche; c'est le meilleur hu-

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