‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 851 sur 1238 · ARLEQUIN, DIMAS · texte numérisé non relu

ARLEQUIN, DIMAS

DIMAS

Ehl morgue I venez çà, vous dis-je; depis qae ces nouviaux venus sont ici, il n'y a pas moyan de vous parler; vous êtes toujours à chucholerà l'écart avec ce marmouset de valet.

AULBQUIN.

C'est par civilité, mon ami ; mais je ne ten aime pas moins, quoique je te laisse là.

DIMAS

Mais la civilité ne veut pas qu'on soit malhonnête envars moi qui sis voûte ancien camarade; palsanguél le vin et Tamiquié, c'est tout ua; pus ils sont vieux tous deux, et mieux c'est.

ARLEQUIN

Cette comparaison-là est de bon goOit; nous en boirons la moitié quand tu voudras, et la boiras gratis à mes dépens...

Diantre! qu'ous êtes hasardeux! Vous dites ça comme s'il en pleuvait; avez-vous bian de quoi?

ARLEQUIN

Ne t'embarrasse pas.

DIMA.8.

Varluchoux ! vous êtes un fîn marie ; mais, morgue! je sis marie itou, moi.

ARLEQUIN

Et depuis quand suis-jc devenu merle?

DIMAS

Bon, bon! no savons-je pas qu'ous avez de la flnancc de rencontre? Je vous ons vu tantôt compter voutc somme.

ARLEQUIN

Il a raison ; voilà ce que c'est que de savoir son compte.

DIMAS, â pari.

Il baille dans le panniau. (Haut.) Acoutez, noule ami ; il y a biân des affaires, bian du tintamarre dans l'esprit de noute mattrc.

ARLEQUIN

Est-ce qu'il m'a vu aussi compter ma finance?

DIMAS

Pouh! voirement, c'est bian pis; faut quilse doute de toute la manigance ; car il m'a enchargé de faire ici le renard en tapinois, pour à celle fin de défricher la pensée de ces deux parsonnesdont il a doutance, par rapport à l'intention qu'ailes avont, dont il est en peine d'avoir connaissance au juste; vous entendez bian?

ARLEQUIN

Pas trop ; mais, mon ami, je parle donc à un renard ?

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