LE TRIOMPHE DE L'AMOUR, ACTE II, SCÈNE VL
sée? Voyez ma situatioo. C'est à votre vei*tu même que je parle; c'est elle que j^interroge; qu'elle soit juge eatre vous et moi. Je suis chez vous, vous m'y avez souffert, vous savez que je vous aime, me voilà pénétré de la passion la plus teadre, vous me Tavez inspirée; et je partirais! Eh I Léontine, demandez-moi ma vie, déchirez mon cœur ; ils sont tous deux à vous ; mais ne me demandez point des choses impossibles.
LIÊONTINB.
Quelle vivacité de mouvements! Non, Phocion, jamais je ne sentis aussi bien la nécessité de votre départ, et je ne m'en mêle plus. Juste ciel I que deviendrait mon cœur avec l'impétuosité du vôtre? Suis-je obligée, moi, de soutenir cette foule d'expressions passionnées qui vous échappent ? Il faudrait donc toujours combattre, toujours résister, et ne jamais vaincre. Non, Phocion; c'est de l'amour que vous voulez m'inspirer, n'est-ce pas? Ce n'est pas la douleur d'en avoir que vous voulez que je sente, et je ne seftlirais que cela. Ainsi, relirez-vous, je vous en conjure, et laissez-moi dans l'état où je suis.
PIIOGION.
De grâce, ménagez-moi, Léontine. Je m'égare à la seule idée de partir; je ne saurais plus vivre sans vous. Je vais remplir ces lieux de mon désespoir ; je ne sais plus où je suis.
LÉONTINS.
Et parce que vous êtes désolé, il faut que je vous aime? Qu'est-ce qu'une semblable tyraunie?
PHOCION
Est-ce que vous me haïssez ?
LÉONTINE
Je le devrais.
PHOCION
Les dispositions de votre cœur me sont-elles favorables?
LÉONTINE
Je ne veux point les écouter.
Oui; mais moi, je ne saurais renoncer à les suivre.
LÉONTINE
Ari*étez; j'entends quelqu'un.