SCÈNE VII
HERMIDAS, LÉONTINE, PHOCION.
HERMIDAS, apportant un portrait qu*il donne à Phocion.
Je VOUS apporte ce que vous m'avez demandé,
seigneur. Voyez si vous en êtes content; il serait
encore mieux, si j'avais travaillé d'après le modèle.
PHOCION
Pourquoi me l'apporter devant madame?... Mais voyons. Oui, la physionomie s'y trouve; voilà cet air noble et fin, et tout le feu de ses yeux; il me semble pourtant qu'ils sont encore un peu plus vifs.
LÉONTINE
C'est apparemmeit d'un portrait que vous parlez, seigneur?
PHOCION
Oui, madame.
HERMIDAS.
Donnez, seigneur; j'observerai ce que vous I Courage! Dimas; je me retire, et reviendrai dites là.
LÉONTINE
Peut-on le voir avant qu'on l'emporte?
Il n'est pas achevé, madame.
LÉONTINE
Puisque vous avez vos raisons pour ne le pas montrer, je n'insiste plus.
PHOCION
Le voilà, madame; vous me le rendrez, au moins.
LÉONTINE
Que vois-je? c'est le mien l
PHOCION
Je ne veux jamais vous perdre de vue; la moindre absence m'est douloureuse, ne durât-elle qu'un moment; et ce portrait me l'adoucira. Cependant vousle gardez.
LÉONTINE
Je ne devrais pas vous le rendre; mais tant d'amour m'ôte le courage de faire mon devoir.
PHOCION
Cet amour ne vous en inspire-t-il pas un peu?
LÉONTIMB.
Hélas! je n'en voulais point; mais je n'en serai peut-ôlrepas la maltresse.
PHOCION
Ah ! de quelle joie vous me comblez !
Est-il donc arrêté que je vous aimerai?
PHOCION
Ne me promettez point votre cœur; dites que je l'ai, Léontine.
LÉONTINE
Je ne dirais que trop vrai, Phocion !
PHOCION
Je resterai donc ; et vous parlerez à Hermocratc?
LÉONTINE
Il le faudra bien pour me donner le temps de me résoudre à notre union.
HERMIDAS.
Cessez cet entretien ; je vois Dimas qui vient.
LÉONTINE
Je me sens dans une émotion de cœur où je ne veux pas qu'on me voie. Adieu , Phocion; ne vous inquiétez pas, je me charge du consentement de mon frère.