‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 935 sur 1238 · ARLEQUIN, DORANTE, LA MARQUISE · texte numérisé non relu

ARLEQUIN, DORANTE, LA MARQUISE

ARLEQUIN

Nous avons affaire à de jolies personnes, monsieur, n'est-ce-pas?

DORANTE

J*ai le cœur saisi.

ARLEQUIN

J'en perds la respiration.

LA MARQUISE

Vous me paraissez bien affligé, Dorante.

DORANTE

On me trahit, madame, on m'assassine, on me plonge le poignard dans le sein.

ARLEQUIN

On m'élQulTe, madame, on m'égorge; on me dislingue.

C'est sans doute de la comtesse qu'il est question, Dorante?

DORANTE

D'elle-même, madame.

LA MARQUISE

Pourrais-je vous demander un moment d'entretien?

DORANTE

Comme il vous plaira* J'avais même envie de vous parler sur ce qui vient de nous arriver.

LA MARQUISE

Dites à votre valet de se tenir à l'écart, afin de nous avertir si quelqu'un vient.

DORANTE

Retire-toi ; et prends garde à tout ce qui approchera d'ici.

ARLEQUIN

Que le ciel nous console I nous voilà tous trois sur le pavé ; car vous y êtes aussi vous, madame. Votre chevalier ne vaut pas mieux que notre comtesse et notre Lisette, et nous sommes trois cœurs hors de condition.

DORANTE

Va-t'en; laisse-nous.

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