L'HEUREUX STRATAGÈME, ACTE III, SCÈNE XL
DORANTE
Et plus pénétré d*amour qu'il ne le fut jamais.
LA COMTESSE
Levez-vous. Dorante m'aime donc encore?
DORANTE
Et n'a jamais cessé de vous aimer.
LA COMTESSE
Et la marquise?
DORANTE
C'est elle à qui je devrai votre cœur, si vous me le rendez, comtesse; elle a tout conduit.
LA COMTESSE
Ah! je respire I Que de chagrin vous m'avez donné ! Gomment avez-vous .pu feindre si longtemps?
Je ne l'ai pu qu'à force d'amour; j'espérais de regagner ce que j'aime.
LA COMTESSE, avec force.
Eh! où est la marquise, que je l'emhrasse?
LA MARQUISE, $*oppntchant et VembrouonU
La voilà, comtesse. Sommes -nous bonnes amies?
LA COMTESSE
Je vous ai l'obligation d'être heureuse et raisonnable. {Dorante batte la main de la eomteueJ)
< LA MARQUISE
Quant à vous, chevalier, je vous conseille de
porter votre main ailleurs ; il n'y a point d'apparence que personne vous en défasse ici.
LA COMTESSE
Non, marquise, j'obtiendrai sa grâce; elle manquerait à ma joie et au service que vous m'avez rendu.
LA MARQUISE
Nous verrons dans six mois.
LE CHEVALIER
Je né vous démandais qu'un terme ; lé reste est mon aCTaire. (lu s'en vont.)