DÉLAI DE LA CONVERSION
Totre impénitence et le délai de yotre conversion : depuis long-temps » il TOUS annonce par notre bouche, que si yous ne faites pénitence » vous périrez tous.
Il ne se contente pas même de tous avertir en public par la voix de ses Ministres; il vous parle au fond de vos cœurs , et vous dit sans cesse en secret : N'est-il pas temps enfin, de sortir du crime où vous lêtes abîmés depuis tant d'années , et d'où il n'est presque plus qu'un miracle qui puisse vous retirer ? N'est- il pas temps de rendre la paix à votre cœur; d'en bannir ce chaos de passions, qui ont fait tous les nialbenrs de votre vie; de vous préparer du moins quelques jours lienreux et tranquilles, et après avoir tant vécu pour un monde qui vous a toujours laissé vide et inquiet , de vivre enfin pour un Dieu, qui seul peut mettre la joie et la tranquillité dans votre a me ? Ne .voulez-Toùs pas enfin penser à vos intérêts éternels , et après une vie toute frivole, revenir au vrai, et prendre, en servant Dieu, le seul parti sensé que l'homma paisse prendre sur la terre ? N'étes-vous pas lassés de vous soutenir vous-mêmes contre les remords qui vous déchî^ rent , contre la tristesse du crime qui vous accable , contre le vide idu monde qui vous poursuit par-tout ? et ne voulez-vous pas enfin finir vos malheurs et vos inquiétudes avec vos crimes ?
A cette voix secrète qui s'élève depuis long-temps au fond de nos cœurs , que répondons-nous ? Quels prétextes opposons-nous ? Premièrement^ que Dieu ne nous donne pas encore les secours nécessaires pour sortir de l'état malheureux où nous vivons ; secondement , que nous sommes )Bictuei[ement trop engagés dans les passions pour penser à une nouvelle vie. C'est-àndire que nous nous formons deux prétextes pour différer notre conversion : le premier tiré du côté de Dieil, le second pris dans nous'-mêmes. Le premier, qui nous jus^ tifie en accusant Dieu de nous manquer; le second , qui nous rassure en nous accusant nous-mêmes de ne pouvoir encore retournera lui. Ainsi nous différons notre conversion , parce que nous croyons que lès grâces nous manquent , et que Dieu ne veut pas encore de nous'; nous différons notre conversion, pa rce que nous nous flattons que nous serons un jour un peu plus revenus du monde et des passions , et plus en état de commencer une vie plus régulière et plus chrétienne : deux prétextes qui sont tous les jours dans la bouche des pécheurs , et que je me propose de combattre , après avoir imploré , etc. Ave^ Maria,