TROISIEME PARTIE
Toutes les autres dispositions dont nous venons de parler, ne sont que les préparations extérieures de la pénitence; la douleur en est l'ame et la vérité. La vertu du Sacrement peut suppléer à la confession extérieure de nos fautes , lorsque des obstacles, involontaires nous en 6tent le pouvoir; mais elle ne peut suppléer au senti-
ment intériear qui les déteste y parce que c'est lui qui forme le péni*^ tent : tout le resté peut être remplacé par la douleur } la douleur ne peut être remplacée qu«.par elle-même.
Cependant rien de plus rare parmi les pécheurs qui viennent s'a- Youer coupables au tribunal, que cette douleur de pénitence à laquelle $6ule la rémission des péchés est promise; et c'est ici cette troisième sorte de malades, dont parle aujourd'hui l'Evasgéliste , qui ne reçurent pas de J. C. le bienfait inestimable de la guérison, aridorurhy ceux qui avoient les membres secs; c'est-à-dire, ceux qui porteht au tribunal un cœur sec, une ame insensible; et qui, après avoir senti les impressions les plus vives et les plus extrêmes des passions , ne trouvent en eux aucun sentiment pour la pénitence.
- Or, comme l'illuston est ici dangereuse, et que chacun se flatte de porter au tribunal cette douleur qui suffît pour la justification du pécheur, il importe d'établir en quoi elle consiste.
Premièrement, cette douleur est un mouvement de la grâce , et non de la naCure ; il faut que le troublequi naît de l'horreur de nos crimes , soit une opération invisible de l'esprit de Dieu , dit le dernier Concile, qui nous porte à détester tout ce qui a pu lui déplaire ; qu'il soit une vue de foi qui nous découvre dans le péché, et l'outrage qu'il fait à «Dieu, et les. malheurs où il précipite l'homme; qu'il soie 'enfin un commencement de nouvel amour, qui ne nous rende le crime odieux, que parce qu'il commence à lions faire aimer leSei-* gneur, source de ^oute justice ^ première -oondètion' marquée dans notre Evangile. Il falloit que l'Ange du Seigneur descendit et trou* blât l'eau, afin que les m*îades ftiMent guéri» : An^lus autem Do» mini -deêcendçbat, . , . . et mopehaiur aqua (^/oan. 5 $.4,)* li faut que l'esprit de Dieu desceii^e dans nos cœurs pour y opérer des agita* tions salutaires, tout autre trouble seroit un trouble humain et inntile aux malades. ^
Or, le trouble que la plupart des pécheurs portent au tribunal , est an. trouble d'amour-propre, et auquel l'esprit de-Dieu n'a point de part. Les uns prennent pour la douleur de la pénitence, ces alar* mes secrètes que l'orgueil oppose toujçurs à la déclaration de nos crimes ; ce poids d'iniquités qui fatigue le cœur , auquel il en coûte tant de s'avouer coupid)]e; ces déchiremens cruels que les œuvres^e ténèbres, sur le point de se manifester .et d'éclore, font sentir .à Ja conscience pécheresse , semblables à des serpens qui ne sauroient sortir sans déchirer. le sein qui les a enfantés ; en un mot, ces inquiétudes d'une mauvaise honte , qui ne trouvent d'odieux dans le crime que la peine ^e l'avouer. Ils confondent leur orgueil ayecjeur repentir, l'opposition qu'ils ont à l'humiliation de la pénitence , avec le repentir sincère qui y dispose ; la haine de la confession , avec la douleur de leurs crimes. Ils ne sont qu*orgueiUeux et confus , et ils croient être touchés et péc^itens»
S85 VENDREDI »Ë tA r« SEMAINE.
• Ce ne ii*est pas que la meure grâce qui opère le repentir, ii*opèr« aussi une confusion salutaire , et qu*îi n^y ait une honte qui conduit au salut, comme dit TËsprit-Saint. Détourtioc çle moi vos regards^ à inon Dieu ! disoit un roi pénitent; Je ne .puis plus soutenir de^vant vous toute la confusion dont mes crimes me 4couvr en t i Et confusio J'aciei meœ coopérait me ( Ps. 4^ » 16 )i Mais cette lionte formée par Ja douleur, ne trouve sou motif que dans ta douleur même. Ce n'est pas le jugement du ministre de la -confession, qui la produit dans notre ame , c'est Toeil de Dieu qui la voit-, et qui connoit toute l'ignominie de son état. Elle ne compterolt même le mépris, de tous les homtnes pour rien , si elle avoit le Seigneur tout seul pour témoin de son innocence. Au contraire,' quand elle seroit seule sur la terre, ou cachée dans les plus profonds abîmes, les regards de Dieu ' «eul sur ses souillures la eoovriroieUt de ia méj^iie ttOâfiisioo % et partout où elle port^oit devant lui ses plaie», elle y porteroit se»^ troubles et sa honte, lies inquiétudes secrèteéi ^t honteuse^ de l'orgueil ne sont donc pas les troubles salutaires de la pénitence.
Iljen.est d'autpeé qui prent>ent la douleur qui forme le tepentir:i pour Ce trouble qui nait delà crainte t-oûte seule de» peines éternelles : -ix trouble q-ni^ ouvi>an4; l'enfer eît tous ses to«brmens au pécheur, «lie lui découvre rien-de plus >odieu<x dans riniquitc^ que la punition dont elle jest suivie ; ce trouble., qui n'«st lui4inénie qu'un désir que le crime ;pijit étr e iitftpuni.; 4^ui arrête l'action » dit S. Augustin,, sans changer lavolont-é ; qui ïious nead timic^s iàns aoua rendre pénitens;; «qui «nousfaûcFaindfiele châtiment^ sansnous £airQ haïr i'fiifiËensie^ «tqnki ne c^mpteroil |»ottr riien' d'outrager aon Dieui si la «perte de «on aimoiir devoit bornât l4Mite4Klniafodtune«
f e sais que là crainte ilu Seigneur est le éoMmeuceihent âe la sagesse , qu'il est uiil-e Vîe percer souvent dés yeux de la fot ces abîmes de feu et ces ténèbres eiernellîfes , où il y ai^ra.|^s pleurk et des grincemens de dents, et de descendre tout vivant dâUSTenlfer, pour faire de<ée souvenir saluiaiâneun-lneittàinôs pâs^otis indomptées. Je sais que^cette crainte est»iinéo!n de rjEsprit^Saint^etmon dessein n'est pas d'6ter aupédicoir un vwD^n d«> salut,' et un niotifde com|io(nc-> tionque J. (X le»r proposa, <)<n« l'Eglise leur recommande, que les Ssunts ont eu sam cesse dovâfut les yeux , et dont nous tioub servons tous les jours <lans ces ^dtairesclirétriennes , pour troubler la fausse paix des âmes crimihelks. En effet , 6 mon Dieu ! si, uvec tous vos foudres et vos ^aiumes v^engeresses , l^iniqnité ne laisse pas de prévaloir sur la terre; si , malgi?é r«ïïfér et ces ardeurs "éteniieUes que votre justice a préparées hux pécheia^s, toute ch^air ne laisse pas de corrompre sa voie^ res'teroît'^ll encore quelque foi parmi lesbommes, si tioas venions imprudemment leur isire un point de vertu de fermer lesy^ux à ces spectacles terribles, ou si nous leur faisions un vice du tnotjf le plus cominan et le plus ordinaire de la piété? Il est peu de ces âmes nobles et sublime» ^ que Tamcrar et la reconnois- \
ïance toute seule attachent à Totre service , c*est la sagesse des par-» faits; mais les fùtbies ont besoin d'indulgence^ et tous youlez que notre intérêt même entre toujours pour beaucoup dans notre fidélité*
Ce n'est donc pas la crainte des tonrmens destinés à l'impie , que je veux ezdure delà véritable pénftence; elle en est la préparation , quoiqu'elle n'en soit pas Tame et le fond : car l'amour tout seul , qui a fait les pécheurs , peut former des pénitens ; l'amour tout seul, quia ravi notre cœur à Dien, peut;]e lui rendre ; l'amour tout seul , qui faisoit tout le dérèglement de notre volonté, peut y rétablir l'ordre , et faire notre justice ; et tous ne sauriez tous réconcilie^ avec Dieu , si tous ne commencez du moins à l'aimer plus que les Taines créatures qui tous avoient éloignés de lui , et si la Tcrtu du Sacrement , jointe % oet amour encore foible , ne le perfectionne , et n'opère en tous la Téritable justification. Ce n'est pas, dis-je, la crainte des peines que je Teux ici exclure de la pénitence; c'est cette disposition criminelle où se trouTeiU la plupart des pécheurs qui ap« prochent du tribunal , lesquels , sans un enfer et ses tourmens , TÎTroient comme des athées , sans foi , sans conscience , sans Sacremens; lesquels ne connoissent de la religion que ses menaces; et qui, dans le sepret de leur cœur , sont Cachés que Dieu soit juste , et qu'il ait attaché aux plaisirs les plus honteux des flammes étemelles. .
£t ne croyez pas que ce soit ici une dispositicw rare ou chimé* riqne; rien n'est plus réel et plus commun. La crainte fait presque toute notre religion; c'est la pensée seule des peines à Tenir, qui peuple les tribunaux de la pénitence : nous y faison» diTorçe pour nn moment aTec nos paasicma ; et nous nous en séparons comme on quitte des objets encore chers, mais funestes. Semblables à la femme de JLoth , nous ne haïssons pas Sodome ; nous n'en craignons que les flammes; nous nous en séparons à regret, et notre cœur y tient encore, tandis que la crainte toute seule du danger nous en éloigne* L'esprit de la Téritable piété est plus rare qu'on ne pense ; tous les dehors du culte ne roulent presque que sur de fausses Tertus; nous ne comptons pour offenses de Dieu, que celles qui sont suivies d'une punition éternelle; celles qui se bornent à lui déplaire, nous ne les comptons pour rien; et si nous Toulons sonder nous* mêmes notre cœur, nous sentirons que nul principe d'amour et de grâce ne nous fait agir ; et que l'enfer est la seule divinité qu^ nous craignons.
Mais , comme la méprise est ici aisée , si Tiouii me demandez à quel^s marques on peut discerner ce trouble heureux qui forme les vrais pénitens , de cette honte d'orgueil, ou de cette crainte toute mercenaire , qui ne forme que des esclaTes; je dis , en second lieu , que la douleur de la pénitence renferme une résolution réelle et sincère de finir nos désordres , et de commencer une Tie sainte et chré* tienme ; c'est ce qui nous est figuré dans la guérison de notre para- Jytiqae. Souhaitez-Tous d'être guéri ? lui demande J. C. : Fis sanus fieri ( J^oan. 5 ; 6) ? Il paroissek sans doute fort inutile de le deman^ Massillon, 90XB i. 25
366 VENDREDI DÇ 1.4 ;'* SEMAINE.
der à un mglbeureua^ qui géiQÎ^^U iQ^t 1? poi4« de #et m^aïc ; et l'aa lie pouvoU ^oui^r que trenie-hnit aunéfs d'iofirndté^Qe lui fissent ftouliaiter vivement s^ délivrance. Al^is J* €. vpiilpit no^f ap|>r^adr^ par-là , que le pécheiff, comme ce paralytique , sincèrement touché de s<>s maux, doit, en venant se présenter aii tribunal, pouvoir se rendre ce témoignage à I^i-métne, que réellement et de popne foi, il yeut être guéri , c*est<à dire, renoncer à ses passons ipTétérées, et prendre le parti de la piété.
Or, je vpus demande « ^)on cjxw Auditeur, lorsque \QVi$ vencs aux pied$ dnç^rétrÇf étes-youj» 4^ l?OA»e foi dans cette riésolutijon? Fis sanus./ienP Pouve;i^-ypus yous rendre ce témoignage à yous- Uiéme, que voi^ voule;^ rpmprç sincèrement tpu9 les liens qui vous ^Uaçbep^ encpr£ au monde et à yp5 plaisirs crimiuel^i et ypus raiil^er.aveçce peti( npmb^e d'âmes fidèle» d^ vot^ç r^pg et de votre état, qui, aprè$ avoir quelque temps vécu, comme vous, au gré d^ leurs passions , sont rcvenu^es à Dieu > et ppèreat leur salpt dans la pratiquje jiolide je,t constante de* vetMus chrétiennes ? O^mm^ncç^' vpu3 à ypas faire un plan de.nouFelle viç ? Ne co]|»ptje;(-ypus pjas e^ core sur lp3 mêmes mœur» ^ sur les mêmes plaisij:^ » su^ Içs mêmes liaisons après la confession? Ne tous dites-you^ p^i^a 4 vous-même en secret^ ppur vou9 calmer sur cette fousse démarche de piénitepce , qu'un jour viendra enfin, queyous vous confesserez pour vous couver* tir tout de bon-, et rompre pout touioulrs avee le raotide ? Et ne distingues* vous pas en vous-même cette cdiifession que yous allez faire, d« la conversion que Dieu demandé de v«us? Fù sanu^fieriPje vous le demande. ''
Prene? garde qu*on ne vous demande pas , si, en vensint vonsprélenter au tribana) , vous formez de ces propos yagues et Indétermi- , ixés de conversion , qui A'ont jamais de suite , et qu'on nfe forn^e que pour s'étouï*dir ^i/r 13' profanation du Sacrement, et se dire k soimême qu^on évite le sacrilège ; de ces propos, dont on s^ntsoi-méme la fausseté',' qui he'salisfont pas là conscience inapiète, eX qui laissent au fond d'u'èitfeur , non-^eakmçnt la volohté réelle du vice, mais le seniiplçnt Secret qv*on ne vept pa^ encore y renoncer'. Eh î* que Toit-on autour de nos ttibudàux , que des pécheurs de ce 'caractère ?
. Je vQOfideip«i^« , ^i , en veiuuit fl^pfe^ser vo^ faut^a « vp«< wo9r le£i70ffiAj09P>xmM^â'i^ne voilonté iç»Xe^^ fjçipe , sinçène ^,qm ne forme pas des propos vagues et éloignés de changement, mais qvkiavépaud «déjà desJaicme» #^(jpéi>itenpe P je top*>l4B demande avep /. Cf ; Fis sa- ^J9us^fier/J^ h% 4i^ïi»çiffi^^ ne spu^c^t iai se faireiUusianè «Ue-^méioe; ^on ^ni- bijei\ ^ \e )|H<i^pqs d*M9^ n4»A<vell<9 vie est sincère.. (^e» prélude» d'une cppjvçrAÏp? /Q^ron jrenpu<rc}l^ment entier de mcew^» ont je ne .saii; quo>>de M ^J^'^ï e^ de «i i^s^uéi^ 9U'M 9e f^it d*ab^ «eptir , et jD« laisse rifsn 4'iBquivoque : da^lj^^i^s? des combats^'de^ agi^tipn«, des vMm nouvqUeâ» des démarcl^f^ s^rieu^s et pénible»^ que %w- Je?.queV{^ie c)i.ose qu'on p'ayo^t pas .encore ^uti., et que. ceux qui .|ivu» ft«4H^t^i^ n^^aieni pa^encQ!» v^uî un epp^^iî ^ui «inpncc
SUR t^ CONPI^SSION. i^gf
an peu plus qtie le fruit d'ane confcssi^ii ordinaire : ce sont là de cei travaux de renfantement, qui ne ressembleut qu'à eax-niéme^ ::Iài dolorcsutparturientisf^Ps. 47î7)« Onaeia^roU y prendre k-çhafigej et il n'e3t que de» douleurs d*ua certain c«ri^çt<irf • qui 9KiQQni:i9i»t;4i)| uaîMance du nouvel ho^n^edana up^ cpeiir9« •',,■,- t
Rappelés le» conversions des pécheresses ; des Saûl y des Atrglis-* gas^in; Yoyd2 ce qui se passoit eii eux dans ces momens faeureux qui précédèrent lepr chan^ment ; quels trombles I quelles perplexités \ quels combats ! quels efforts héroïques sur eux-mên\es ! quelles dé-^ marcbes nouvelles! qu^eiles larmes I qaels tr«^nsports d'ampur pt de cotoponcLion ! C'est ap milieu de fa^it^'agit^iioQ* que se cQt\%9mvf^ Touvrage de la conversion : une démarche froide et tranqi^ilU n'^ rien qui Tani^once et qui lui ressemble ; c'est au milieu de ces troubfeSf de ces vents impétueux, pour ainsi dire ^ que Tesprit de Die^ descend dans un cœur pénitent , comme il descendit autrefois dan^ le Cénacle, et y vient porter la paix et la grâce ^ et c'est ici où Toii |>eut dire qu'on entend sa voix lorsqu'il arrivé, et qu'on sait où il va et d*où il vient. C'eât' à vous k nous dire si vous reconnoissez à ces traits la douleur q«i Jusqu'ici vooi^ a préparé au Sacrement de la. pénitence.
Et ne nous dites pas que cette douleur cachée au fond de l'ame, n'est pas toujours sensible au cœur pénitent i un changement de vie porterai fort sur tçus^ios penchatis, prend ssr source dans un nouvel amour si vif, qu'il n'est pas possible qu'il sdrt dans Ieco?ur à l'itisçu de natre c^nr i^é^e. ^ats eofiii i ji» Je.teaK pour des cœnirs'd'un^ ' periaÂn cftract^rfi^aéfe froids* tranquiiJAs «^insensibles, qui .peb^ ven( ^fi briser, waJAqiuiRe.fAuroi^vtA'étteitdjBipk JUiais veés, pourvu d'i^a çf^\\v m^MK^lovWtki sit«odfe» er«jMr.cft|iabIe d'être toucké : voua qui avez poussé ifH sfUi^ibifilé das» leapasaietts^déplorablea , jusqu'à remportemeqt ; vous qui npus vantez tant la bonté et la tendresse de votre coeur, vous n'en manqueriez que pour votre Pifu I .la àoyf,"
pas vit aap!
repentir , com.hfe yous l'ayez été dan^ vos désordres , c'est que vby^ étiez péclieur de bonne foi, et que vous n'êtes qu'un faux pénitent.
Enfin , non-seulepoent la douleur de la pénitence e^t pnè résolution réelle et sincère dp changer dé vie. mais encore une âttéjjtio;! actuelle , qui prend d'abord des mesures solides de çhans^enpieVit. Qk, la principale est IW'chqix A'un ministre fidféie, qui coopère avec J. Ç. a la gnérison dç votre ame : choix difficile ^ .mais le plp^ i^portai^t que vous' fèf et jàihàVsV 'puisqu'il s'agit ^u sâïut, et que cç qui décide toujours de notre salut, c'est le choix de celui à qui nous allons coneftér les sécretb'ADilQoitireeon$ci^ce>'d'ëyt'làsnitedénb(ré Evangile :^ui]iou8 foutuèo %pn<( d«r«ièi*e ^ÂeitivM.« Seigneur, dit le pâjTftl^âqae à i» C^.^-idMf^ixA d'hanitae quiine jette dan» Itîi Pi^^tte
lorsque Teau est troublée : Domine , hominem non habeo ( Joah,
Or 9 a^ant que de venir tous présenter à la pénitence, Tons adressez*Yoa8 i J. C. , afin qu'il tous aide dans un choix si essentiel , et <{u*il TOUS suscite un guide fidèle , qui tous conduise sûrement dans la Toie du salut ? Cherchez-vous Tous-méme un homme rempli de l'Esprit de Dieu , qui sache vous jeter à propos dans la Piscine , et cultiTer ces premiers sentimens de grâce que tous portez au tribunal ?
Un homme éclairé, qui puisse juger de la lèpre, eonnottre les plaies de TOtre cœur, et ne pas se tromper dans t*applicatîo& des remèdes ?
Un homme expérimenté, qui sache discerner les Toies de la grâce dans TOtre ame, conduire les opérations de Dieu en elle, ne pas trop presser les âmes que TEsprit-Saint ne pousse que lentement ; ne pas arrêter celles qui sont portées, pour ainsi dire^ sur les ailes de la grâce , et suiTre l'Esprit de Dieu sans le préTcnir ?
Un homme accoutumé â parler à Dieu dans la prière , à étudier aux pieds de la croix la science du salut , et dont les paroles pleines de cet esprit et de ce feu qu'il a puisé dcTant le Seigneur, portent ensuite l'onction de la grâce jusqu'au fond de Totre ame touto ouTcrte dans ces momens, et sur laquelle Jes yérités les plus simples font alors tant d'impressions ?
Un homme désintéressé, qui n'examine pas si vous êtes grand selon le monde, mais si tous êtes pécheur devant Dieu ; que tos vices touchent plus que tos titres ; et qui ne proportionne pas l'indulgence ou la séTérité de ses sentences, a l'éléTation ou À Tobscu- Tité des pécheurs , mais au caractère de leurs crimes ?
Un homme zélé , que rien ne puisse faire départir des intérêts de la vérité et des règles saintes de son ministère; et qui, sans faire ostentation de séTérité, ne cherche pas à se faire honneur des excès et des singularités outrées de ses pénitens ; mais à faire honneur à la grâce- et à la religion, en leur inspirant cette sobre aagease qui remplit aTcc dignité les dcToirs de son état^ et qui, en condamnant le' monde , s'attire l'estime et le respect du monde même ?
Enfin , un homme charitable , qui sache mêler l'huile de la douceur aTCc le Tin de la force ; qui n'aigrisse pas les plaies par d'excessives rigueurs , mais qui ramène les malades par des condescendances nécessaires; qui ne soit pas toujours juge, mais qui se souvienne quelquefois qu'il est père; qui sache changer sa voix; comme r Apôtre , se faire tout à tous , et prendre toutes les formes pour former JT. C. dans un cœur ?
;. Est-ce un guide de ce caractère que vous cherchez ? Les plus in« connus sont toujours pour vous les plus propres , les plus indulgens, l0s plus habiles : ie^ ^premiers que le bâtard vous of£re, vous leur
SUR LÀ CONFESSION. î%
OQvrez indiscrètement les plaies de votre cœur. Vous prenez , comme ce Michas dont il est parlé au lÎTre des Juges y le premier Lévite qui se présente; tous lut dites : Tenèz-moi lieu de père et de prêtre {^Judic. 17; 10). Vous mettez peut-être à prix ses soins et son ministère, et le rendez le ministre et le fauteur, comme cet Is« raélite, des dieux et des idoles que vous avez élevés dans votre maison , et auxquels vous avez prostitué votre cœur. £t si vous usez en ceci de quelque circonspection et de quelque recherche, c'est pour éviter ceux qu%ne réputation d'exactitude et d'intégrité rend redoutables à vos passions, et auxquels on ne s'adresse que lorsqu'on veut sincèrement se convertir et servir Dieu. Ainsi , le choix tout seul que voua faites du Juge de votre conscience , est une preuve décisive que vous ne voulez pas changer de vie , qne vous allez profaner le Sacrement) et vous souiller où vous auriez dû vous purger de vos souillures.
Voilà , M. F. , les sources les plus ordinaires de l'inutilité du Sacrement de la pénitence : on manque de lumière dans l'examen \ de sincérité dans la manifestation ; de douleur dans le repentir i e( voilà pourquoi les conversions sont aujourd'hui si rares an tribunal ; voilà pourquoi, parmi cette multitude infinie d'aveugles, de boiteux et de ceux qui avoient les membres secs , à peine J. C. en trouve-til un seul, dit S. jlnguslin, qui mérite d'être guéri: Totjacèbftru^ et unus sanatus e^. Les cinq portiques de la Piscine, selon èe Père^ figuroieot les cinq livres de Moïse, qui découvroient les maux, mais qui ne les guérissqient pas : SedilU œgros prodeàafU , ioMguidos ncn sanabam. Mais héîs^s. ! nons pourrions le di^e aujourd'hui avec plus de raison de la Piscine des Chrétiens , et des poftiqnea mystérieux qui environnent le bain de la pénitence : ils ne servent plus qn'à nous décou^ir les maux, les guérisons n'y sont plus enuaage ? Sed ilU œgrQsprçàèlmnt , languidos non sanaham : nous y voyons aborder une multitude de pécheurs ;. nous n'envoyons presque pas soMir de pénitenSf pn noua y expose des plaies , et le bain s^cré n!en voit presaiie jamais de fermées : il nous fait connpitre les malades ;. mais il n'en est^plus Ije remède : Sed itli œ(^os prodehant, languidas non sanabani, 1^,H 'j*osois l'ajouter ici ^ comotela loi de Moïse , en découvrant les péchés , les multiplia , et ne servit qu'à faire des prévaricateurs : hélas ! ce remède divin , loin de guérir les maux de rEgIise>, les a augmentés, pour ainsi dire; a donné lieu à des profanations , loin de rétablir la piété ; et a fait des sacrilèges , oh it anroit dû faire des pénitens : Sed iUi œgros prodebant, ianguidos nor{ sanabani. ^ . . .
Rentrons ici en nous-mêmes , M. F. ; et en ce jour sur-tout, consacré à la conversion des grands pécheurs, par Is^ guérison d'un malade désespéré y en ce jour , où les prières mêmes de l'Eglise sollicitent auprès du Seigneur ses miséricordes pour les âmes les plu» déplorées , rappelez ici devant Dieu toute la suite de vos années , et Thistoire secrète de votre conscience. Repassez sur ce nombre infini
39? vendr^:ï).i de la r* semaine.
cle c^n£es^^9, toujaurs réitéit^es et toujdurs îimtil«s« ht .qni tans 4outc ctev.ant le tribtuaal ck: Ji. €o feront J^e plils terrible sujet, de Totre cd^datnnation, Dites-toqs à vous-mêmes : Quelles ont été jus-» gu'iqi |ne^ yoîes, et la monstrueuse conduite de ma vie? mes pas^ sions ^*iiujoui;d'hui sont des plaies de l'enfance, et qui ont vieiUi dvec moi ;, ce que je suis encore « voluptileiix » Remporté , dissolu , je rétois déjà ^è^ la première saison de ma vie i ma destinée ni*a fait «prouver des sdtuatious différentes au dehors }. mais ma passion hon-^ teusè m[a suivi par*tout ^ et par-tout èUe a étéla même s ma vie n*esfc ^u'uQ.^eplçrimç diver^ifi^v s<>us de^ eiroonstanaca et 'des sittiatibns diss^iub^bles : Un jour a instruit Vautre jour j et une nuit a montré ^a science fyneste à Vautre nuit {Ps, i8; 3r)^ Du. plus lein qu'il m'est p^.rinili 4(b rappeler Tbistoire de mes années, j'y trouve déjà les, ébauchés et les Aai^^ncés de mes passiôhs;. et les cdmnieneemens de ma vie , ne s'offrent à moi , qu'avec les prémices des crimes dont je ,§ui^ encore coupable. ., • -
., Cepencku%t:, 4 inon.Dieu.! toire colci» n*a pas. eiieore éclaté sur moi ; et du haut, de: vQtre ^uâtiefe, voua mé ivoyeii iemr depiuta si longr^emjx^.dan^ d^s y.oiea criminelles y saîtsim^avoir frappé de mort^ ^t fai|;géjrir^;.çpmm^ tBnl|.d!autteS'y au. milieu de om courte !- Ah! ce ii.est^p^§^ams.(|i:(C.lqii^ dfe^c^nde miséricorde sur mei., iqpe/vous ahréa prolongé, iiie^ .j0|lt^•. ett4if/éré ju^u'ioi voire ves^eftnce ; voas ne m^'apf ie% p^s délivré de, tabt de • périls qui . ont niSllfe< Ibis menacé ma yief,, si^yp^us n'|ivie:fc voftltiiflûreîparoitié eà moi^ (Quelque Jour les. riçhes^^.deyotrevgrdei^ki.v .■ ' » " <• •••" '^ -
. ^r9tnû' îlied !' Je èonithètiète k Hé jflns àîliier '^bieîf Mkttx ; âchevea votoe b'âtilAgië^èfC jR&He^ que j'éà kimele fetbèdè. L*étàt'dé thà cônseioiRcaiftft <h[Hibre;'là lièrrhtil76h et le dé^dhdj*e de iiiU Vie ïhe couvrent d^^ht^ritè; le* i^Wotâi ^du cHtttc me tyrânhiàéit^,* Vt répandent FaHMretimtf S(iÉ ïdtft in^ jbutk VaÔHëvez ; gratid Diéti ! de ^ttlprè-deS liens^dëjiÈt *f'dettii-brlèés^ dôWéglfe deiîiîet ttotij) i ito^ iôfoVité ^e- Itflleç^sodtëtl^z hiâ fôtbl^srse datis iin combat bû toù^'ibSavez vu tai^t &e^M» siiiCtoùùiher ; ne "^bbk éldl^tiei^ p^'É de tùôi V et feites qïi« fe ne téUoU^^U talme «là tWii(](t<îHité qùë j'^i perdue!, iJd^^tilvtSxis deféamt èijémii Mèïé:^ ' "" '^- . \' JUi^ishà-U.
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